Le Programme de logements sociaux de Bambilor, en souffrance depuis 2011, s’offre un nouveau souffle. En visite sur le site ce vendredi, le Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (Cdc), Fadilou Keïta, a officialisé une phase de restructuration d’envergure. Entre reprise en main de l’actionnariat de la Srt, injection de 2, 5 milliards de francs Cfa et démarrage des remboursements pour les acquéreurs désireux de se retirer, la Cdc mise sur une gouvernance renforcée pour solder un passif marqué par des spoliations massives.
Par Alioune Badara NDIAYE – Le Programme de logements sociaux porté par la Caisse des dépôts et consignations (Cdc) et la Société de réalisations et de travaux (Srt) à Bambilor entre dans une nouvelle phase. En visite sur le site vendredi, Fadilou Keïta, Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (Cdc), a annoncé une opération de restructuration lancée en ce sens avec le remboursement des acquéreurs réclamant leur argent et en même temps la reprise des travaux du programme entamés depuis 2011. «Nous nous sommes engagés à restructurer le projet. Cette restructuration a commencé avec le fait d’acquérir cette gouvernance de la Srt, car nous sommes désormais passés de 49 à 51% dans l’actionnariat. Aujourd’hui, nous avons une parfaite maîtrise de tout ce qui se fait dans la Srt. Nous avons aussi injecté de l’argent : la semaine passée, on a dû décaisser 2, 5 milliards francs entre Cdc Habitat et Srt pour faire face aux demandes de restitution, mais aussi amorcer les travaux», a fait savoir M. Keïta. «Derrière moi, vous voyez les ouvriers qui s’activent, ils sont au nombre de 300, sinon plus, pour lever des réserves pour 57 villas. Ils sont sur 103 villas pour lesquelles ils doivent faire les dalles. Mais aussi, il y a plus de 300 villas pour lesquelles il faut faire de nouvelles implantations», a-t-il souligné, projetant la finalisation de certaines des villas dans les trois prochains mois.
Pour ce qui est des restitutions, c’est en fait une enveloppe prévisionnelle de 1.4 milliard francs sur laquelle 450 millions francs ont déjà été libérés, à en croire le Dg, regrettant les manipulations et fausses informations distillées sur le sujet. «Ça fait un moment que les gens parlent dans les médias, et parfois même ce sont des équipes qui étaient là et qui ont mis ce projet dans cette situation-là, parce que ce sont des politiciens, donc il y a de la manipulation derrière. Il y a même des personnes qui ont reçu le chèque de restitution et qui, aujourd’hui, continuent de manifester», a pointé le Directeur général de la Cdc.
Marquant sa solidarité aux acquéreurs qui attendent depuis longtemps, M. Keïta a fait savoir que la Cdc a aussi été lésée : «ce qui s’est passé, c’est que le terrain, la Cdc le détient en pleine propriété et y a mis 5 milliards de francs en compte courant. C’est-à-dire que c’est un prêt qu’on avait consenti en direction de la Srt. Et aussi, après la commercialisation des premières villas qui avaient été construites, 10 milliards ont été spoliés», a-t-il détaillé. Il était question de faire de la promotion foncière sur 100 hectares dont les 70% étaient détenus par la Cdc. «L’autre partie qui portait sur 50 hectares, avait été aussi scindée en deux. 25 hectares qui avaient été remis à la Srt pour y construire un programme de logements sociaux…», a-t-il rajouté, assurant que la majorité acquise dans l’actionnariat va désormais permettre une meilleure gouvernance du programme.
abndiaye@lequotidien.sn
