La commune de Yoff franchit une étape décisive dans sa politique de développement local. Sous l’impulsion du maire Issa Laye Samb, une Assemblée générale a acté, ce samedi, le lancement d’une plateforme innovante dédiée à la formation, à la formalisation et au financement des acteurs économiques de la base. Objectif : transformer le potentiel de la jeunesse et des groupements féminins en levier de croissance durable.

Par Justin GOMIS – La commune de Yoff a vibré, ce samedi, au rythme de son Assemblée générale de lancement. L’événement, qui a réuni partenaires techniques, autorités municipales et une foule nombreuse, marque le point de départ d’un programme ambitieux : une plateforme intégrée visant l’autonomisation réelle des jeunes et des femmes à travers le triptyque «Formation-Formalisation-Financement».

Pour le maire Issa Laye Samb, ce projet dépasse la simple gestion municipale. «La commune de Yoff pose ainsi un acte stratégique, structurant, résolument tourné vers l’avenir», a-t-il déclaré. L’ambition est claire : apporter une contribution locale significative à l’édifice économique national en misant sur l’inclusion.

L’Economie sociale et solidaire comme moteur

Dans un contexte où le Sénégal affiche une croissance projetée autour de 2, 5% cette année, l’édile de Yoff souligne l’urgence de rendre ces chiffres concrets pour les ménages. «Comment traduire cette croissance dans le quotidien de nos populations ? La réponse réside en grande partie dans la promotion d’une Economie sociale et solidaire (Ess) forte, dynamique et ancrée dans nos territoires», a-t-il plaidé. Loin d’être un concept abstrait, l’Ess est présentée ici comme une approche pragmatique qui place l’humain au cœur du développement en valorisant la mutualisation des ressources et la solidarité communautaire.

Lever les obstacles à la croissance

Si Yoff regorge d’atouts -patrimoine culturel, savoir-faire artisanal, ressources halieu­tiques-, le constat reste lucide : ces potentialités sont encore insuffisamment valorisées. Plusieurs défis freinent l’élan des acteurs locaux : le difficile accès aux financements, le faible niveau de formalisation des activités, le déficit d’accompagnement technique et la dépendance excessive aux capitaux extérieurs.

La nouvelle plateforme se veut un levier opérationnel pour briser ces barrières. Elle doit permettre de créer des synergies et de faciliter l’accès à des mécanismes de financement adaptés aux réalités du terrain.

Cap sur la formalisation et les

coopératives

L’un des objectifs phares de ce programme est la transformation des groupements informels en entités juridiques structurées. Rokhaya Sy Guèye, de l’association Tournesol, a précisé les ambitions chiffrées : «Nous voulons, d’ici la fin du programme, mettre en place 300 coopératives solidaires, s’inscrivant dans l’objectif national de 1000 coopératives décliné par l’Etat du Sénégal.»

La formalisation est le pivot de cette mutation. Sans registre de commerce, sans Ninea ou sans compte bancaire, les milliers d’associations et d’organisations locales restent en marge des programmes de soutien et des circuits financiers officiels. «Il est évident qu’il va falloir aller vers la formalisation pour permettre aux bénéficiaires d’être de bons citoyens payant leurs impôts, mais aussi de profiter des avantages offerts par l’Etat et les partenaires techniques», a-t-elle ajouté.

Un incubateur communal pour l’avenir

Pour pérenniser cette dynamique, la municipalité a déjà lancé un incubateur communal dédié à l’Economie sociale et solidaire, avec le soutien de l’ambassade de France et de Polariso. En clôturant la rencontre, le maire Issa Laye Samb a lancé un appel solennel à ses administrés : faire de cette plateforme un outil du quotidien. «Notre ambition est claire : faire de Yoff un modèle de développement fondé sur l’inclusion, la solidarité et la valorisation de nos ressources propres.»

justin@lequotidien.sn