A la veille du rassemblement mondial de la finance à Bangkok, prévu aujourd’hui, la Directrice générale du Fmi, Kristalina Georgieva, fixe le cap face aux turbulences économiques. Pour le Sénégal, représenté par son ministre des Finances, Cheikh Diba, ce rendez-vous est crucial en vue de consolider la rigueur budgétaire, rassurer les bailleurs et capter les investissements stratégiques.

C’est dans un contexte international complexe que s’ouvrent à Bangkok, du 12 au 18 octobre 2026, les Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (Fmi) et du Groupe de la Banque mondiale. Seul forum mondial réunissant ministres des Finances, banquiers centraux, dirigeants du secteur privé et membres de la Société civile, ce sommet s’annonce décisif.

Dans son discours d’ouverture (Navigating the crosscurrents of a changing world economy), la Directrice générale du Fmi, Kristalina Georgieva, a planté le décor des échanges. Elle alerte sur trois forces majeures qui façonnent désormais l’économie globale : l’essor rapide de l’Intelligence artificielle et ses mutations industrielles, la persistance de prix de l’énergie élevés, des niveaux record de dettes publiques à l’échelle mondiale.

Face à l’érosion de la confiance multilatérale, plus de 15 000 délégués venus de 191 pays tenteront de trouver un terrain d’entente sur la gestion de la dette souveraine, le financement climatique et la lutte contre les inégalités.

Pour la délégation sénégalaise conduite par le ministre des Finances, Cheikh Diba, qui a rencontré hier la Directrice générale du Fmi, le voyage en Thaïlande dépasse le simple cadre institutionnel. C’est une tribune stratégique pour faire entendre la voix du pays et réaffirmer sa résilience économique.

Cette échéance internationale survient dans la foulée de l’accord conclu au niveau des services entre Dakar et le Fmi pour un programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (Fec), portant sur environ 2, 2 milliards de dollars. L’objectif clé : rétablir durablement la viabilité des finances publiques et maîtriser la dette.

Pour débloquer ces ressources vitales et rassurer les marchés financiers, les autorités sénégalaises affichent une volonté ferme de répondre aux exigences de transparence et d’assainissement réclamées par les institutions de Bretton Woods. Le plan d’actions de Dakar repose sur des piliers clairs : une meilleure supervision des entreprises publiques et un suivi rigoureux des arriérés intérieurs ; le traitement structuré de la dette publique pour corriger les failles du passé ; la mobilisation des ressources intérieures pour financer durablement le développement et maintenir une protection sociale ciblée.

Comme le soulignent les services du Fmi, la validation de ce programme permettra d’enclencher un «effet d’entraînement», facilitant le soutien financier de la Banque africaine de développement (Bad), de la Banque mondiale et d’autres partenaires bilatéraux.

Au-delà de la gestion budgétaire, la présence sénégalaise à Bangkok s’inscrit dans une quête active de capitaux privés et de partenariats technologiques. En prenant part aux travaux sur l’emploi, la transition énergétique et l’impact de l’Intelligence artificielle, la délégation entend positionner le Sénégal comme un hub africain stable, attractif et résolument tourné vers l’avenir.