Cela fait maintenant un demi-siècle que l’Union parlementaire africaine (Upa) a vu le jour. Pourtant, malgré le temps écoulé, l’unité africaine tarde à se concrétiser. De l’avis de El Malick Ndiaye -qui représentait le nouveau président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, à l’ouverture de la 85e session du Comité exécutif de l’Upa-, l’Afrique doit impérativement parler d’une seule et unique voix. «Nous sommes convaincus que face aux défis sécuritaires, économiques, climatiques, technologiques et sociaux auxquels le continent est confronté, aucune Nation ne peut agir seule. Plus que jamais, l’Afrique doit parler d’une voix forte, solidaire et responsable», a fait savoir le député.

Pour le responsable de Pastef, l’Upa s’impose comme «un espace privilégié de dialogue, d’harmonisation législative et de coopération internationale». Dans un monde marqué par des recompositions géopolitiques rapides, elle représente «un levier essentiel pour faire entendre la voix africaine, unifiée et respectée».

Le rôle irremplaçable de la diplomatie parlementaire

Dans cette quête d’unité, les parlementaires ont un rôle crucial à jouer en tant qu’«expression directe de la volonté populaire». Selon le parlementaire sénégalais, les hémicycles «constituent des espaces privilégiés de concertation, de médiation et de construction de solutions durables». «La diplomatie parlementaire, par sa souplesse et sa proximité avec les citoyens, complète utilement l’action diplomatique traditionnelle et contribue à rapprocher davantage les peuples africains», a indiqué El Malick Ndiaye.

Pour y parvenir, il invite ses pairs à réfléchir aux voies et moyens de mieux coordonner l’action des différentes organisations parlementaires du continent. «Nous gagnerons à renforcer les synergies, à mutualiser davantage nos expertises, nos ressources et nos initiatives afin d’accroître l’efficacité de notre action collective», a-t-il soutenu. L’enjeu est de taille : «Permettre à l’Afrique de porter plus fortement sa position sur les grandes questions internationales de défense, de protéger ses intérêts stratégiques avec davantage de cohérence et de faire entendre, chaque fois que nécessaire, une seule et même voix parlementaire africaine.» Le député reste persuadé que c’est à cette unique condition que l’Afrique pourra s’affirmer comme «unie, souveraine et influente dans le concert des nations».

Un continent face à des crises multiformes

Prenant la parole à son tour, Son Excellence Jean-Michel Kionde Kyenge, chef de la délégation de la République démocratique du Congo, a tenu à préciser que cette session se tient dans un contexte mondial assombri par des crises aiguës. «Jamais peut-être depuis plusieurs décennies, l’humanité n’a été confrontée simultanément à autant de facteurs d’incertitude et d’instabilité, particulièrement au Moyen-Orient, au Soudan et dans la région des Grands Lacs», a-t-il fait remarquer.

D’après lui, ces crises ont des conséquences humanitaires désastreuses. Son propre pays, la Rdc, paie aujourd’hui un lourd tribut à cause d’une guerre armée qui occasionne des milliers de déplacés et de victimes. La recrudescence des violences observée dans plusieurs pays africains constitue une grave préoccupation qui fragilise l’unité, le développement économique et la stabilité des Etats. Face à une telle situation, «notre responsabilité collective est immense. L’Afrique ne peut rester spectatrice des drames qui affectent ses pays», a-t-il martelé.

C’est pour ces raisons que les parlementaires ont décidé, au cours de cette session, de procéder à une évaluation du chemin parcouru, de renforcer les mécanismes de gouvernance de l’organisation et de dessiner ensemble les prochaines étapes de son développement.

Par Justin GOMIS – justin@lequotidien.sn