Un séisme politique d’une portée majeure vient d’avoir lieu à Dakar. La création officielle de «Kiiraay – Les patriotes républicains», par le Président Bassirou Diomaye Faye, marque une rupture nette avec les habitudes partisanes traditionnelles. «Je le dis sans détour : ce n’est pas un simple réaménagement politique. C’est un acte fondateur», note Aliou Ousmane Sall, membre fondateur du parti, ex-Dg de l’Agence nationale de l’état civil et premier adjoint au maire de Bokidiawé.

Puisé dans le lexique wolof, le mot «Kiiraay» -signifiant «ce qui protège»- résume à lui seul la doctrine de ce rassemblement : servir d’élément protecteur pour la Nation et de bouclier pour les citoyens. Bâtie autour de la devise «La Patrie d’abord», cette formation est le fruit de plusieurs mois d’échanges approfondis avec les élus locaux des quatorze régions du Sénégal. Cette initiative trouve sa légitimité dans la rencontre historique du 3 juillet dernier entre le président de la République et les élus venus de tout le pays, au cours de laquelle les maires du Sénégal ont apporté, à l’unanimité, leur soutien franc au chef de l’Etat. «Ce que j’y ai ressenti dépasse largement le simple soutien politique. C’était de l’espoir. C’était une conviction partagée chez tous ces élus : quelque chose de grand est en train de naître pour notre pays, et nous en sommes les artisans.»

Cet engagement politique s’inscrit dans la suite logique des dernières élections législatives. Pour les refondateurs du mouvement, l’octroi d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale visait précisément à donner au Président Faye les moyens d’engager les réformes de fond exigées par le Peuple sénégalais. Sur le terrain, la conviction est partagée : le Sénégal requiert un leadership fort, capable d’allier stabilité nationale, souveraineté économique et écoute permanente des collectivités locales.

«Matam ne peut plus attendre !»

Tout en saluant la vision globale du chef de l’Etat, les représentants du Nord lancent un appel pressant : «Avec cette nouvelle page qui s’ouvre, nous l’exhortons à se pencher sans délai sur le département de Matam, où plusieurs projets et programmes structurants sont aujourd’hui à l’arrêt. Nous l’appelons, avec insistance, à leur redonner vie avec la même détermination que porte Kiiraay.» De la zone du Dieri au Dande Mayo, en passant par le Jeejangol (zone intermédiaire), la mobilisation s’organise. Les femmes, les jeunes et les cadres de la région entendent se dresser pour transformer cette dynamique politique en réalisations socio-économiques tangibles. «C’est par ces initiatives concrètes, ancrées dans nos territoires, que nous repousserons durablement les lignes de la pauvreté», dit-il.