«Sukaabé Janngo» (les enfants de demain) s’est imposé comme un acteur central du système éducatif dans ses zones d’intervention. Lors de l’atelier de partage des acquis des phases I et II, le constat des autorités administratives et des responsables du projet est sans appel : les résultats sont largement positifs. L’impact ne se limite pas à l’assiette. Le projet a profondément transformé l’infrastructure scolaire en finançant la construction de blocs sanitaires, de magasins de stockage et d’aires de cuisine modernes. A ce jour, près de 60 millions de repas ont été distribués, un levier décisif qui a permis de réduire drastiquement le taux d’absentéisme et les abandons scolaires en zone rurale.
Au-delà de l’aide directe, le projet mise sur la pérennité. Des sessions de renforcement de capacités ont été organisées à l’intention des parents d’élèves et des organisations locales. Cette stratégie d’ancrage communautaire se manifeste par la création de jardins et champs scolaires pour approvisionner les cantines ; la formation aux mécanismes d’approvisionnement locaux et à la gestion des stocks ; et la sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène et de nutrition.
Le volet pédagogique n’est pas en reste. «Sukaabé Janngo» a investi dans le développement professionnel des enseignants, intégrant notamment le tutorat numérique via l’usage de tablettes pour les élèves. Selon Youssouph Guèye, gestionnaire du programme, ce modèle hybride -combinant achats locaux et aliments importés- crée un cadre harmonisé propice à l’épanouissement de l’enfant.
La phase III : le défi du transfert de compétences
L’entrée dans la troisième phase marque un tournant stratégique. L’objectif est désormais de consolider les acquis tout en préparant la relève. «La phase III de «Sukaabé Janngo» consacre le transfert complet des activités de Counterpart International vers les structures dédiées de l’Etat», précise Youssouph Guèye. Cette nouvelle étape s’accompagne d’une montée en puissance significative : 113 nouvelles écoles intègrent le programme, portant le total à 398 établissements bénéficiaires répartis entre les académies de Kolda et de Sédhiou.
Présidant l’atelier de lancement au nom du Gouverneur de Kolda, Seydina Ababacar Sadick Ndiaye, sous-préfet de l’arrondissement de Niaming (Médina Yoro Foulah), a salué une initiative qui vient en appui direct à la politique éducative du gouvernement. Pour garantir l’efficacité de cette transition, l’Etat a mis en place un comité de suivi chargé d’évaluer les actions de terrain et de mobiliser des ressources supplémentaires afin de pérenniser ces dynamiques autour de l’école sénégalaise.
Par Aladji BADJILANG – eh.coly@lequotidien.sn
