Face à la polémique grandissante entourant la sécurité des produits d’hygiène de la marque Softcare, l’Assemblée nationale a franchi une étape décisive. Ce lundi 5 janvier 2026, la mission d’information parlementaire dédiée à cette affaire a été officiellement installée, avec l’ambition de faire toute la lumière sur les risques sanitaires et les failles de contrôle.

Par Abdou Latif MANSARAY – L’heure est à la redevabilité. Après des semaines d’incertitude et de déclarations contradictoires entre l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (Arp) et ses propres inspecteurs, le Pouvoir législatif se saisit du dossier Softcare. Instituée en application de l’article 51 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la mission d’information parlementaire relative à la commercialisation de ces produits au Sénégal a été officiellement installée ce lundi 5 janvier 2026.

La cérémonie, empreinte de solennité, s’est déroulée sous la présidence de l’Honorable Mbène Faye, 4ème vice-présidente de l’institution. Cette mission fait suite à une approbation rapide du Bureau de l’Assemblée le 29 décembre dernier, signe de l’urgence accordée à ce dossier de santé publique.

Une composition pluraliste pour une enquête rigoureuse

La mission est composée de onze membres issus de la Commission de la santé, de la population, des affaires sociales et de la solidarité nationale. Afin de garantir l’impartialité et la représentativité, les sièges ont été répartis au prorata des forces politiques en présence : 9 membres du Groupe parlementaire «Pastef les Patriotes» ; 1 membre du Groupe parlementaire «Takku Wallu» ; 1 membre représentant les Non-ins­crits.

Le Bureau de la mission sera dirigé par l’Honorable Khady Sarr, épaulée par Raqui Diallo (1ère vice-présidente), Papa Tahirou Sarr (2ème vice-président) et Boye Baby en qualité de Rapporteur.

Trente jours pour lever les zones d’ombre

Le temps est compté. Les commissaires disposent d’un mandat de trente jours pour mener leurs investigations, bien qu’une prorogation soit envisageable si l’exigence d’un établissement complet des faits l’exige. La démarche annoncée se veut «rigoureuse, contradictoire et documentée». La mission est investie de pouvoirs étendus pour mener à bien sa tâche : auditions et consultations des parties prenantes ; demandes d’informations précises auprès des administrations ; visites de terrain, notamment sur les sites de production ou de stockage.

Un enjeu de santé publique et de transparence

Au-delà de l’établissement des faits, l’objectif final est de rassurer une opinion publique ébranlée par des rapports faisant état de l’utilisation possible de matières premières périmées dans la fabrication de couches pour bébés et de serviettes hygiéniques.

La présidente de la mission, Khady Sarr, a d’ailleurs lancé un appel solennel à une «coopération pleine et loyale» de l’ensemble des organismes concernés. Au terme de ces travaux, la mission formulera des recommandations opérationnelles visant trois piliers essentiels : renforcer la transparence publique, consolider la protection des consommateurs et prévenir durablement tout risque sanitaire futur.

Alors que le ministère de la Santé avait déjà annoncé une mission conjointe avec le ministère du Commerce, cette enquête parlementaire ajoute une couche de contrôle in­dispensable pour restaurer la confiance des citoyens envers leurs institutions de régulation.

L’affaire a éclaté en décembre 2025 lorsque l’Arp a initialement ordonné le retrait des produits Softcare du marché après une inspection révélant des stocks de matières premières périmées, avant de publier une clarification plus nuancée, provoquant une vive polémique nationale.

latifmansaray@lequotidien.sn