A Malika, l’Adm mise sur les communautés pour entretenir, sécuriser et préserver les ouvrages de drainage contre les eaux pluviales.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Construire des ouvrages de drainage ne suffit pas. Encore faut-il les maintenir en état. C’est tout l’enjeu de la session de formation organisée au centre de formation des jeunes de Malika, dans le cadre du Projet 1 de l’Agence de développement municipal (Adm). Environ 250 femmes, jeunes et adultes, issus des associations locales, sont mobilisés pour être préparés à assurer demain l’entretien, la salubrité et la sécurisation des infrastructures.

Ingénieur en génie civil et consultant en eau et assainissement, Antoine Diokel Thiaw situe clairement l’objectif de cette démarche. «Il faut garder les ouvrages», insiste-t-il. Une formule qui résume la philosophie de la formation : ne pas attendre qu’un bassin ou un équipement soit dégradé pour intervenir, mais installer une véritable culture de l’entretien préventif.

«Tout ce qui est entretien des bassins, salubrité, sécurisation et maintenance doit être pris en compte», explique le consultant. Les bénéficiaires sont ainsi appelés à mieux connaître les équipements sur lesquels ils devront intervenir : bassins de rétention, ouvrages de collecte et d’admission, regards, clôtures, portails, vannes planes et emprises des infrastructures.

Prévenir la dégradation

Pour Antoine Diokel Thiaw, la maintenance ne se limite toutefois pas au nettoyage. Elle englobe également la protection des ouvrages contre les comportements susceptibles d’en compromettre le fonctionnement. «Il faut éviter tout ce qui peut porter atteinte à l’intégrité des infrastructures», souligne-t-il.

Dégradation des clôtures, détérioration des portails, occupation des emprises ou utilisation inappropriée des équipements : la vigilance doit être permanente. «Il faut que les communautés comprennent qu’elles ont aussi une responsabilité dans la préservation de ces ouvrages», fait valoir le consultant.

Cette responsabilité doit, selon lui, s’inscrire dans une chaîne d’intervention associant les communautés et les services techniques. Le Service national d’hygiène, la gendarmerie environnementale, la police et les agents assermentés des communes sont appelés à accompagner le dispositif. L’Onas et la Direction de la prévention et de la gestion des inondations (Dpgi) figurent également parmi les acteurs concernés, chacun dans son domaine de compétence.

L’ambition est surtout de faire émerger des entreprises sociales capables d’assurer durablement ces missions. «Les associations doivent pouvoir se structurer et disposer d’un statut leur permettant d’intervenir dans l’entretien des ouvrages», explique Antoine Diokel Thiaw.

Derrière la formation technique, se dessine donc un double enjeu : protéger les investissements réalisés contre les inondations et créer des opportunités d’activité pour les jeunes et les femmes. A Malika, l’Adm veut ainsi faire de la communauté non plus seulement une bénéficiaire des ouvrages, mais aussi une actrice de leur préservation.

Car pour Antoine Diokel Thiaw, le principe est simple : un ouvrage de drainage ne se protège pas uniquement avec du béton ; il se protège aussi par l’entretien, la vigilance et l’implication de ceux qui vivent à ses côtés.

latifmansaray@lequotidien.sn