Au lendemain du plaidoyer républicain remarqué du Président Bassirou Diomaye Faye à la tribune de l’Assemblée générale de l’Onu, la réalité des bulletins secrets s’est rappelée à l’ancien chef d’Etat sénégalais. Lors du quatrième vote indicatif du Conseil de sécurité ce mardi 29 septembre 2026, Macky Sall est resté bloqué à la 5e place avec 5 voix favorables et 9 avis défavorables. Alors que la Costaricienne Rebeca Grynspan conforte sa position de favorite, la compétition s’apprête à basculer dans sa phase décisive : le vote par couleur des cinq membres permanents (P5), seuls détenteurs du droit de veto.
L’élan républicain de New York n’a pas encore suffi à briser le plafond de verre diplomatique. Quelques jours seulement après le discours fort du Président Bassirou Diomaye Faye à la tribune de l’Assem-blée générale de l’Onu -invitant avec élégance et dépassement la Communauté internationale à appuyer la candidature de son prédécesseur-, les résultats du quatrième vote indicatif du Conseil de sécurité sont tombés ce mardi 29 septembre 2026. Et le constat comptable reste amer pour l’ancien chef d’Etat sénégalais. A New York, l’image d’un Président sénégalais en exercice défendant la candidature de son prédécesseur avait marqué les esprits, illustrant une continuité républicaine saluée de Dakar à New York. Pourtant, dans l’enceinte fermée du Conseil de sécurité, la diplomatie des «straw polls» obéit à une logique strictement géopolitique. Avec 5 voix «encourage», 9 «décourage» et 1 «sans opinion», Macky Sall reproduit exactement son score du 18 septembre dernier. L’ancien Président ne parvient pas à entamer le bloc d’oppositions à sa candidature, se trouvant désormais relégué au 5e rang. Pendant ce temps, la Costaricienne Rebeca Gryns-pan confirme son statut de favorite en distançant ses rivaux avec 10 voix d’encouragement (contre 3 avis défavorables et 2 abstentions). Derrière elle, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et le diplomate argentin Rafael Grossi conservent une courte longueur d’avance sur la candidature sénégalaise, tandis que l’Ougandais Olara Otunnu fait jeu égal sur le nombre de soutiens mais essuie un vote négatif de moins.
Un soutien républicain fort, mais une arithmétique de marbre
Si ce quatrième tour confirme la complexité de l’équation pour Macky Sall, rien n’est encore formellement scellé. L’ombre des grands équilibres mondiaux plane sur la suite du processus. Jusqu’ici, les bulletins indicatifs sont demeurés anonymes.
L’inconnue majeure réside dans l’attitude des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (P5) : les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni. L’un de ces géants diplomatiques se cache-t-il parmi les neuf voix défavorables reçues par le candidat africain ?
La réponse ne tardera pas. La course à la succession de António Guterres va entrer dans sa phase ultime et couperet : le vote par bulletins de couleur. Ce dispositif permettra d’identifier instantanément la provenance des votes et de révéler d’éventuels vetos rédhibitoires émanant du P5. Pour Macky Sall comme pour l’ensemble des prétendants, ce vote décisif constituera le véritable juge de paix de leurs ambitions internationales.

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