A l’approche de la Journée mondiale de la lèpre, le 25 janvier, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) réaffirme son ambition d’éradiquer cette maladie millénaire. Grâce au renouvellement d’un partenariat historique avec le laboratoire Novartis, l’accès gratuit aux traitements est garanti jusqu’en 2030, marquant une étape décisive pour briser les chaînes de transmission et lever le poids de la stigmatisation sociale.
La lèpre n’appartient pas encore au passé, mais l’espoir de son élimination totale n’a jamais été aussi tangible. A l’occasion de la Journée mondiale de la lèpre, placée cette année sous le thème : «La lèpre est guérissable, le véritable défi est la stigmatisation», l’Organisation mondiale de la santé (Oms) dresse un bilan contrasté : si 55 pays n’ont rapporté aucun cas en 2024, plus de 172 000 nouveaux diagnostics ont été recensés la même année à travers le monde.
Un partenariat de 25 ans renouvelé
Le succès de la lutte repose sur un pilier central : la gratuité du traitement. Depuis 2000, l’Oms collabore avec le laboratoire Novartis pour fournir une Polychimiothérapie (Pct) à chaque patient, quel que soit son pays. Pour célébrer le 25e anniversaire de cette alliance, un nouvel accord vient d’être signé, prolongeant le programme jusqu’en 2030.
Ce mémorandum ne se contente pas de fournir les médicaments curatifs ; il finance désormais la Prophylaxie post-exposition (Ppe). Cette stratégie préventive consiste à administrer une dose unique de rifampicine aux personnes ayant été en contact avec des malades, afin de stopper la propagation de la bactérie Mycobacterium leprae avant même l’apparition des symptômes. «Cette collaboration durable illustre la puissance de la solidarité mondiale. Ensemble, nous pouvons surmonter les défis sanitaires les plus anciens lorsque la science et l’équité s’alignent», a déclaré le Dr Jeremy Farrar, Sous-directeur général de l’Oms.
Le «défi invisible» de la stigmatisation
Au-delà de l’aspect médical, le combat est social. Si la Pct permet de guérir et de prévenir les handicaps physiques, elle ne suffit pas toujours à réparer les vies brisées par les préjugés. M. Yohei Sasakawa, ambassadeur de bonne volonté de l’Oms depuis 25 ans, souligne que l’exclusion sociale survit souvent à la guérison. Divorce forcé, licenciement abusif ou perte d’accès à l’éducation : les personnes touchées subissent une «douleur sans fin» liée à la discrimination. L’Oms rappelle que la détection précoce est la clé pour éviter les handicaps visibles qui alimentent ce rejet.
Objectif 2030 : interrompre la transmission
La lutte contre la lèpre s’inscrit désormais dans la «Feuille de route pour les maladies tropicales négligées 2021-2030». Le paradigme a changé : l’objectif n’est plus seulement de gérer la maladie comme un problème de santé publique, mais d’interrompre totalement sa transmission.
L’Oms appelle aujourd’hui à un engagement politique renforcé et à une implication communautaire accrue pour transformer cette vision en réalité. Le rendez-vous est également pris pour le 30 janvier, Journée mondiale des maladies tropicales négligées, afin de poursuivre cette mobilisation collective.
