L’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) a présenté les résultats de la numérisation du fonds documentaire de la célèbre chercheuse Liliane Kesteloot. Porté en partenariat avec le Réseau francophone numérique (Rfn) et la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce projet majeur ne se limite pas à un hommage : il dote l’institution d’un laboratoire de pointe destiné à sauvegarder et rendre accessible la mémoire.
Par Amadou Mbodji – L’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) a présenté, avant-hier à la salle Vision de l’Ucad II, les résultats majeurs de la numérisation du fonds Liliane Kesteloot. Réalisé avec l’appui du Réseau franco-phone numérique (Rfn), de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), ce projet permet de préserver et de rendre accessible un patrimoine documentaire exceptionnel, tout en dotant l’Ifan d’un laboratoire de numérisation pérenne appelé à servir d’autres initiatives de sauvegarde de la mémoire africaine.
Un investissement durable pour la recherche
Bien plus qu’un hommage à l’une des figures emblématiques de la recherche sur les littératures africaines orales, ce
projet représente une avancée significative pour la conservation de la mémoire collective, saluée par la présidente du Rfn.
«Le Réseau francophone numérique regroupe des institutions patrimoniales chargées de préserver le patrimoine documentaire des Etats. Le projet réalisé par l’Ifan est majeur, car il permet non seulement de sauvegarder un fonds exceptionnel, celui de Liliane Kesteloot, mais aussi de mettre en place un laboratoire de numérisation permanent», souligne Marie Grégoire, présidente du Rfn.
Pour les chercheurs, les étudiants et le grand public, la mise à disposition de cet outil est une véritable aubaine. Il facilitera l’accès direct aux écrits, aux archives audiovisuelles et à l’ensemble du patrimoine intellectuel laissé par la chercheuse. Une contribution qui dépasse largement le cadre d’un simple projet de conservation. «C’est un premier pas. Grâce à ce laboratoire, l’Ifan pourra également numériser d’autres corpus documentaires essentiels pour la recherche», a-t-elle ajouté.
Un pont culturel au sein de la Francophonie
Présent à la cérémonie, Jean-François Pacula, Délégué général Wallonie-Bruxelles au Sénégal, a rappelé que la genèse de ce projet remonte à une dizaine d’années. «Notre implication est forte. Ce projet a bénéficié du soutien financier de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en partenariat avec le Rfn, l’Ifan et l’Ucad», a-t-il expliqué. Pour lui, l’ambition était double : préserver un patrimoine culturel d’exception et le rendre accessible au plus grand nombre grâce aux technologies numériques. La numérisation permettra ainsi de consulter un vaste ensemble de contes, légendes, récits et œuvres de littérature orale collectés dans diverses langues africaines.
«Le fonds Kesteloot constitue un véritable trésor culturel. Il témoigne du travail remarquable accompli par cette grande dame tout au long de sa carrière de chercheuse et d’enseignante», a déclaré M. Pacula. Le représentant de Wallonie-Bruxelles a égale-ment insisté sur la dimension symbolique du projet, qu’il qualifie de «pont culturel» reliant le Sénégal, la Belgique, le Québec et l’ensemble de l’espace francophone. «Ces ponts incarnent l’essence même d’une coopération fondée sur un partenariat équilibré», a-t-il affirmé.
Relever le défi de la conservation numérique
Aujourd’hui, l’intégralité du fonds a été traitée : cassettes audio, cassettes vidéo, bandes magnétiques et documents papier. Toutes ces ressources seront progressivement accessibles via la Bibliothèque
numérique de l’Ifan, désormais interconnectée avec celle du Réseau francophone numérique. Grâce à l’acquisition de ces nouveaux équipements et à la création de ce laboratoire, l’Ifan dispose désormais de la capacité technique autonome pour poursuivre la sauvegarde d’autres collections documentaires en péril, tournant ainsi résolument son héritage vers l’avenir.
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