Les Assises nationales des daaras sont officiellement lancées ce matin. La cérémonie a été présidée par le ministre de l’Education nationale, en présence de l’ensemble des acteurs du secteur. Placé sous le thème : «Repositionner les daaras au cœur du système éducatif pour un Sénégal juste, prospère et ancré dans nos valeurs fortes.»
Par Badé SECK – C’est une étape majeure dans la réforme du système éducatif sénégalais. Les Assises nationales des daaras sont officiellement lancées. Une instruction du chef de l’Etat pour redéfinir le rôle et l’avenir des daaras dans un contexte de mutation.
En présidant la cérémonie, le ministre de l’Education nationale a rappelé les missions stratégiques des daaras dans la formation du citoyen. Selon Moustapha Mamba Guirassy, les daaras, au Sénégal, constituent, depuis l’introduction de l’islam, le centre d’éducation par excellence. Celui-ci a formaté des millions de personnes des deux sexes, en les dotant d’une conscience islamique ferme et résolue, d’une vision de Dieu, du monde, de la société, de l’être humain, de la parenté, des relations interpersonnelles, du commerce humain, des activités économiques et de la sociabilité fondés sur des valeurs fortes et un humanisme élevé, tirant leur substance des prescriptions du Coran et de la Sunna du Prophète Muhammad (Psl).
Revisitant toujours l’histoire des daaras, le ministre estime que ces Assises nationales constituent une opportunité historique de «réconcilier nos héritages avec nos ambitions, de faire dialoguer tradition et modernité, de redonner aux daaras leur vraie place, d’opérationnaliser un devoir de mémoire et un devoir de justice, et enfin de bâtir une école sénégalaise qui assume pleinement ses racines tout en préparant ses enfants à affronter les défis du monde».
Moustapha Guirassy a invité ainsi les acteurs à dépasser les postures, à éviter les oppositions inutiles pour aller vers l’utile, le stratégique, l’impact, le nécessaire tout en étant optimiste que les daaras ont un rôle central à jouer dans l’agenda de transformation de notre pays.
«Le moment des Assises nationales des daaras n’est donc pas ordinaire. Il nous engage. Il nous oblige. Il nous rassemble autour de ce que nous avons de plus précieux : notre histoire, nos valeurs et notre vision de l’avenir», a-t-il souligné.
Selon M. Guirassy, les daaras ne sont pas en marge de la République. Ils sont au cœur de la Nation. Et à ce titre, ils doivent être pleinement intégrés dans notre vision des politiques publiques, dans le respect de leur identité et de leur spécificité.
Ces Assises nationales sont le fruit d’un processus profond, inclusif, qui a mobilisé des milliers d’acteurs à travers tout le pays. Des concertations ont été menées aux niveaux communal, départemental, régional et national. Les paroles ont été libérées. Les expériences ont été partagées. Revenant sur le processus, Imam Tahirou Fall, par ailleurs président du comité, a déclaré que le rapport produit recoupe les orientations du chef de l’Etat à tenir des assises inclusives. «Nous avons recueilli toutes les propositions sans tabou des acteurs des daaras à travers les 557 communes du Sénégal», se réjouit-il.
Le représentant des familles religieuses, Mame Serigne Dia, s’est félicité de la démarche. «A l’entame des assises, les chefs religieux avaient été consultés pour bénir le projet», a-t-il-témoigné. Pour lui, c’est vraiment un travail énorme qui vient d’être abattu pour toute l’humanité, particulièrement les Serigne daaras.
Des réponses fortes adaptées aux défis que rencontrent les daaras, à savoir : des conditions d’apprentissage, de la prise en charge des apprenants, de la reconnaissance institutionnelle, de la question de la mendicité, de la question de leur financement ou de leur juste place dans le système éducatif national sont attendues dans le rapport qui sera soumis au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ce mardi 31 mars à l’occasion de la Journée nationale des daaras.
bseck@lequotidien.sn

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