Réunissant experts, acteurs économiques et citoyens, Alioune Sarr a lancé un plaidoyer vigoureux pour la transformation structurelle de l’économie thiessoise. Le leader de l’Alliance pour le Sénégal/Andando NGir Senegaal propose de convertir les gisements naturels de la région en un levier massif de création d’emplois, avec pour ambition de faire de Thiès le cœur battant de la pétrochimie en Afrique de l’Ouest.
Par Cheikh CAMARA – Le département de Thiès est-il assis sur une mine d’or mal exploitée ? C’est la question centrale qui a animé le panel départemental et régional présidé, ce samedi 10 janvier 2026, par Alioune Sarr, maire de Notto-Diobass. Sous le thème «Industrialisation et développement local de Thiès», l’ancien ministre du Commerce a dévoilé une feuille de route ambitieuse visant à rompre avec l’économie d’exportation brute pour entrer de plain-pied dans l’ère de la valorisation industrielle.
Thiès, au carrefour des opportunités mondiales
Pour Alioune Sarr, la région de Thiès cumule des atouts géographiques et géologiques uniques. Entre les gisements de pétrole et de gaz de Cayar, les 100 millions de tonnes de basalte, les 40 millions de tonnes d’attapulgite, et des infrastructures de classe mondiale (Port de Ndayane, Aibd, autoroute Ila Touba), tous les ingrédients sont réunis pour un décollage économique sans précédent.
«Nous ne pouvons plus nous permettre de laisser ce potentiel dormir ou être exporté sans valeur ajoutée. Thiès doit exploiter ces ressources pour le bénéfice de sa population et du Sénégal tout entier», a martelé Alioune Sarr.
Le Pôle pétrochimique : 136 000 emplois à la clé
L’annonce phare de cette rencontre est sans doute le projet de Pôle pétrochimique de Thiès. Profitant de la proximité des ressources offshore, Alioune Sarr envisage de positionner la ville aux deux gares comme un centre de raffinage et de transformation de pointe.
L’enjeu est double : pour l’atteinte de la souveraineté économique, il faut transformer sur place le gaz et le pétrole pour stopper l’hémorragie de devises liée aux importations de produits finis. Et le projet prévoit la création de 136 000 emplois directs et indirects, un chiffre tel que la population active locale ne suffirait même pas à combler les besoins, nécessitant un appel à la jeunesse de tout le Sénégal.
La révolution de l’attapulgite
L’ancien ministre a également mis l’accent sur l’attapulgite, une ressource dont Thiès regorge mais qui reste largement sous-valorisée. Cosmétique, pharmacie, industrie pétrolière : les applications sont vastes. «Il est inacceptable que nous continuions à importer des produits dérivés de l’attapulgite alors que nous possédons la matière première», a-t-il fustigé, appelant le secteur privé national à investir massivement dans des unités de transformation locales pour capter la haute valeur ajoutée.
Notto-Diobass, le laboratoire du succès
Joignant l’acte à la parole, le maire a cité l’exemple de sa commune, Notto-Diobass, devenue précurseur avec le lancement d’un domaine industriel de 40 hectares. Ce projet, déjà en phase de mise en œuvre en partenariat avec l’Etat, sert de modèle à ce que pourrait être le futur économique du département : une alliance stratégique entre les collectivités locales (qui libèrent le foncier), le secteur privé (qui investit) et l’Etat (qui accompagne).
Un impératif de formation professionnelle
Alioune Sarr n’a pas manqué de souligner que cette industrialisation ne pourra se faire sans une mise à niveau du capital humain. Il plaide pour une adaptation rapide des curricula de formation afin que les jeunes Thiessois soient prêts à occuper les postes de techniciens, d’ingénieurs et de cadres que généreront la pétrochimie et les industries extractives.
En conclusion de ce panel, Alioune Sarr a réitéré son appel à un «pacte productif». Pour lui, l’avenir du Sénégal ne se jouera pas dans les bureaux administratifs, mais dans les usines, les laboratoires et les zones industrielles.
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