Réunis en atelier à Thiès les 27 et 28 avril 2026, les leaders du Conseil national de la Maison des éleveurs du Sénégal (Cnmde) ont exprimé leurs craintes d’une pénurie de moutons liée à la crise malienne. Face à l’urgence, l’organisation plaide pour une intervention de l’Etat sur le prix de l’aliment de bétail, tout en engageant une vaste réforme de son leadership pour inclure davantage de jeunes, de femmes, et garantir une meilleure protection sociale aux acteurs pastoraux.

Par Cheikh CAMARA – Une fête sous haute tension ? Réunis à Thiès les 27 et 28 avril 2026, les membres du Conseil national de la Maison des éleveurs du Sénégal (Cnmde) n’ont pas caché leurs vives inquiétudes concernant l’approvisionnement du marché pour la Tabaski. Entre les répercussions de la crise malienne et la cherté de l’aliment de bétail, l’organisation appelle l’Etat à une intervention d’urgence pour sécuriser le secteur et moderniser son leadership.

Le président du Cnmde, Is­maïla Sow, a officiellement mis en garde les autorités contre un risque réel de pénurie de mou­tons. Cette menace est di­rec­te­ment liée aux conséquences né­fastes de la situation politique et sécuritaire au Mali, pays fournisseur essentiel pour le Séné­gal.

Pour éviter une crise, les éleveurs préconisent une concertation immédiate entre l’Etat et les acteurs de l’élevage pour anticiper les blocages, une subvention de l’aliment de bétail dont le coût actuel trop élevé risque d’entraîner une flambée des prix du mouton pour les ménages sénégalais.

Au-delà de l’urgence de la Tabaski, l’atelier de Thiès -soutenu par le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (Praps2-Sn)- a mis en lumière un besoin criant de modernisation de la gouvernance du secteur.

Ismaïla Sow a déploré la faible représentativité des forces vives au sein de l’organisation : sur les 178 530 membres du Cnmde, on ne compte que 13, 15% de jeunes et 10, 16% de femmes. Ce manque de renouvellement freine l’innovation et le transfert des compétences indispensables pour affronter les défis climatiques et économiques actuels.

Vers une meilleure protection sociale

Un autre chantier majeur a été abordé : la protection sociale des éleveurs. Le Sénégal s’est engagé dans un processus visant à étendre la couverture sociale aux travailleurs de l’économie informelle, notamment dans le secteur pastoral : un comité dédié élabore actuellement des régimes adaptés aux réalités du terrain. L’objec­tif est de réduire la vulnérabilité des producteurs face aux chocs extérieurs et d’améliorer leur sécurité économique.

Présent lors de l’ouverture des travaux, le gouverneur adjoint de Thiès, Babacar Sadikh Niang, a réitéré le soutien de l’Etat pour la professionnalisation du secteur. Il a salué cette initiative de formation qui doit permettre l’émergence d’une nouvelle génération de leaders mieux outillés pour garantir la sécurité alimentaire du pays.

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