Les habitants du Cayor sont en colère. Alors que le projet de loi de finances 2026 laissait espérer la fin de leur calvaire grâce à une enveloppe de 8, 5 milliards de F Cfa, le retrait soudain du matériel de chantier a douché leurs espoirs. Réunies à Dékhlé Diop, les populations interpellent directement le Président Bassirou Diomaye Faye face à ce qu’elles qualifient d’«injustice».

Par Cheikh CAMARA – Une route rugueuse qui endommage les véhicules, une piste devenue un véritable danger public, le quotidien des usagers est rythmé par les accidents, les drames humains et les urgences sanitaires tragiques, provoquant parfois des avortements en cours de transport. Réunies à Dékhlé Diop -un village situé à 5 kilomètres de Thilmakha, dans le Mbakol-, les populations locales ont transformé leur rencontre en une tribune de plaidoyer à l’endroit du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Au centre des débats : l’arrêt prolongé des travaux de réhabilitation de l’axe Ngaye Mékhé-Pékesse-Thilmakha, une situation qui laisse un goût amer aux habitants.

Le chantier, qui a démarré en 2021, a connu un arrêt brusque dès 2023. Depuis lors, la route se trouve dans un état désastreux et impraticable, pénalisant fortement les conducteurs qui empruntent cet axe pour se rendre à Touba ou s’enfoncer dans le Cayor. Ce tronçon cahoteux d’environ 42 kilomètres, à l’origine de nombreux accidents mortels, demeure le plus grand souci de ces localités quasi enclavées.

Pourtant, les villages riverains reprenaient espoir. Ils pensaient voir leur principale doléance enfin satisfaite et leur calvaire conjugué au passé. En effet, la finalisation de cette route reliant trois communes stratégiques du Cayor des profondeurs a été inscrite au projet de Loi de finances initiale (Lfi) 2026. L’Etat du Sénégal a prévu d’y injecter un montant de 8 500 000 000 F Cfa pour relancer ce chantier à l’arrêt depuis des années.

La douche froide a donc été totale pour les Cayoriens. Alors qu’ils continuaient de se mobiliser pour la finalisation rapide des travaux afin de désenclaver leur zone, un événement est venu tout faire basculer. Selon les témoignages des habitants, «tout le matériel récemment déployé sur les lieux pour la relance des travaux -ce qui avait même donné lieu à une importante manifestation présidée par le ministre Déthié Fall- a été soudainement retiré et transféré ailleurs». Une situation incompréhensible que les populations déplorent et dénoncent avec la plus grande fermeté.

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