L’intégrité du corps judiciaire a été mise à rude épreuve cette semaine au Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye. L’entrepreneur Cheikh Guèye et le religieux Hady Sy sont actuellement entre les mains de la Justice, après avoir tenté de corrompre le juge d’instruction du 2e Cabinet près le Tgi de Pikine-Guédiawaye avec une mallette de 10 millions de F Cfa. Retour sur une affaire rocambolesque qui secoue le milieu judiciaire.

Par Justin GOMIS – L’affaire ressemble à un scénario de film policier, mais elle est bien réelle. Tout commence par la volonté de Cheikh Guèye, entrepreneur déjà inculpé dans un dossier sensible impliquant l’ancien ministre Ismaïla Madior Fall, de «régler» ses ennuis judiciaires par des voies souterraines. Pour atteindre son but, Cheikh Guèye aurait sollicité l’entremise de Hady Sy, un marabout chargé de lui ouvrir les portes du cabinet du juge d’instruction. Selon des informations recoupées, une transaction de 10 millions de F Cfa a été opérée entre les deux hommes pour sceller ce pacte de corruption, l’argent devant servir d’appât pour obtenir la clémence du magistrat.

Une fois le rendez-vous obtenu, Cheikh Guèye s’est présenté dans le bureau du juge en charge du 2e Cabinet près le Tgi de Pikine-Guédiawaye. Sans dé­tour, l’entrepreneur a proposé au magistrat une valise contenant la somme intégrale. La réaction du juge ne s’est pas fait attendre : opposant une fin de non-recevoir catégorique à cette tentative de subornation, il a immédiatement expulsé le visiteur de son bureau.

La riposte du Procureur

L’intransigeance du magistrat-instructeur a rapidement été suivie d’une action judiciaire ferme. Informé de l’incident, le Procureur près le Tgi de Pikine-Guédiawaye a immédiatement ordonné une procédure de soit-transmis. Les éléments de la Brigade de recherches de Keur Massar sont passés à l’action hier, procédant à l’interpellation de Cheikh Guèye et de son complice présumé, Hady Sy.

Les deux mis en cause sont actuellement en garde à vue. Ils devraient être présentés au Parquet, ce lundi, pour répondre des chefs d’accusation de tentative de corruption et de complicité.

Cette affaire vient rappeler la vigilance dont font preuve certains magistrats face aux tentatives de déstabilisation des procédures en cours, tout en jetant une lumière crue sur les réseaux d’influence qui gravitent parfois autour des palais de Justice.

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