Face à l’intensification des dérèglements climatiques qui dictent désormais le rythme des saisons au Sénégal, l’heure est à l’action structurelle. Hier, les autorités ont officiellement validé le Plan national d’adaptation (Pna) dédié à la lutte contre les inondations. Ce document stratégique, en gestation depuis deux ans, vise à transformer la réponse du pays : passer de l’urgence réactive à la résilience anticipative.
Par Justin GOMIS – Le constat est sans appel : les inondations ne sont plus des événements isolés, mais une menace systémique. Pour y faire face, Babacar Guèye, directeur de Cabinet du ministre de l’Environnement, a souligné l’importance du dispositif validé : «Ce plan va nous permettre de mettre en place une véritable résilience. Il ne s’agit pas seulement d’un plan d’action immédiat, mais d’un cadre fonctionnel sur le long terme.» Une stratégie axée sur l’anticipation et l’infrastructure. L’épine dorsale de cette stratégie repose sur deux piliers : construire des ouvrages aux normes capables d’absorber les futurs chocs pluviométriques, anticiper les crues pour protéger les populations avant que les eaux n’atteignent les habitations.
Une approche transversale : 10 secteurs en première ligne
Le Plan national d’adaptation ne se limite pas à la simple évacuation des eaux. Il s’intègre dans une vision globale touchant l’ensemble de l’économie sénégalaise. Dix secteurs prioritaires ont été identifiés pour bénéficier de ces mesures de résilience : gestion des inondations, transports et zones côtières, agriculture, élevage, pêche, biodiversité et ressources naturelles, santé publique et cadre de vie. A ce jour, six secteurs disposent déjà d’un plan d’action opérationnel, tandis que quatre autres viennent de franchir l’étape cruciale de la validation politique.
Le défi du civisme et de la maintenance
Malgré les investissements massifs, le directeur de Cabinet a pointé du doigt un obstacle majeur : le comportement citoyen. «Les voies d’évacuation des eaux de pluie sont trop souvent obstruées par les populations elles-mêmes», a-t-il déploré. L’efficacité des infrastructures dépendra donc étroitement de deux facteurs humains : le respect des normes d’urbanisme en évitant les constructions dans les zones non aedificandi et la sensibilisation en éduquant les populations sur l’entretien des caniveaux et des réseaux de drainage.
Un besoin crucial de financements
La mise en œuvre de ce document ambitieux aura des impacts majeurs sur le cadre de vie et l’économie nationale. Toutefois, sa réussite dépend de la mobilisation des ressources. Le Sénégal compte non seulement sur ses fonds propres, mais également sur l’appui renforcé des Partenaires techniques et financiers (Ptf) pour concrétiser ces chantiers.
En conclusion, Babacar Guèye a prévenu qu’il est temps de prendre des mesures radicales pour rompre le cycle annuel de la désolation : «Sans ces mesures et une sensibilisation accrue, l’année prochaine, nous serons confrontés aux mêmes problèmes.»
justin@lequotidien.sn

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