A l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage, le Secrétaire général de l’Onu a lancé un appel à briser le silence sur un héritage qui «hante encore nos sociétés». Dénonçant un crime d’une cruauté inouïe ayant duré plus de 400 ans, l’organisation exhorte désormais les Etats membres à dépasser le simple recueillement pour engager des «mesures audacieuses» en faveur de la justice et des réparations. Entre devoir de mémoire et exigence de réforme de l’architecture mondiale, ce message marque une étape décisive dans la lutte contre le racisme systémique.
A l’occasion du 25 mars 2026, Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage, le Secrétaire général des Nations unies a rendu un vibrant hommage aux millions de victimes de la Traite transatlantique. Au-delà du recueillement, l’organisation appelle à une transformation profonde de l’architecture mondiale pour corriger des inégalités héritées de quatre siècles de servitude. Car la traite négrière fut un crime d’une «cruauté inouïe». Dans un message solennel, le Secrétaire général de l’Onu a rappelé l’horreur vécue par des millions d’êtres humains arrachés à l’Afrique, traversant de force l’Atlantique pour être réduits en esclavage dans les Amériques. Il a tenu à honorer non seulement ceux qui ont survécu à ce voyage, mais aussi ceux nés dans la servitude, privés de leur humanité la plus fondamentale et exploités brutalement.
Le texte souligne que cet ordre mondial, qui a prévalu pendant plus de 400 ans, continue de hanter nos sociétés contemporaines. Et le poids d’un héritage systémique se fait toujours sentir dans certains endroits. L’esclavage n’est pas qu’un souvenir douloureux ; il est, selon l’Onu, incrusté dans les fondations mêmes du monde moderne, notamment dans les institutions, l’économie et la culture. Car de nombreuses fortunes actuelles se sont bâties sur l’esclavage traditionnel, les inégalités sociales et économiques d’aujourd’hui sont les héritières directes des injustices du passé. Alors que les préjugés raciaux et le «mythe de la différence raciale» imprègnent encore les consciences et les médias. Y’aura-t-il un jour une justice et des réparations ?
Face à ce constat, le Secrétaire général exhorte la Communauté internationale à passer à l’action. Si certains pays ont entamé des démarches, il appelle les Etats membres à être «plus nombreux» et «plus audacieux». Parmi les mesures concrètes proposées, l’Onu insiste sur la nécessité de garantir la souveraineté des pays africains sur leurs propres ressources. Plus radicalement, le message plaide pour une influence égale de l’Afrique au sein du Conseil de sécurité de l’Onu et dans l’architecture financière internationale.
La Traite transatlantique
La Traite transatlantique, souvent qualifiée de «commerce triangulaire», a constitué le plus grand déplacement forcé de populations de l’histoire. Entre le XVIe et le XIXe siècle, on estime que plus de 12 millions d’Africains ont été déportés vers les Amériques. Ce système reposait sur une déshumanisation juridique et philosophique des victimes, dont les conséquences (racisme systémique, sous-développement économique forcé de certaines régions) se font encore sentir deux siècles après les premières abolitions.

Commentaires (0)
Soyez le premier à réagir.
Se connecter pour commenter