En partenariat avec le Fonds Binta et les Hôpitaux universitaires de Genève, le mouvement «Tout Tambacounda» (Ttc) vient de doter les structures de santé de la commune de 20 lits d’hospitalisation ultramodernes. Une initiative saluée par le Préfet du département, M. Alioune Badara Mbengue, qui a loué l’engagement constant de la diaspora pour le développement local.

Par Abdoulaye FALL – «Nous aimons notre ville plus que tout.» C’est par ces mots que Ousmane Dia, membre du Fonds Binta (association basée à Genève) et coordonnateur de la diaspora au sein du mouvement «Tout Tamba-counda» (Ttc), a entamé son discours. Pour témoigner de son soutien indéfectible envers les populations tambacoundoises, le Fonds Binta a fait don de 20 lits d’hospitalisation ultramodernes aux structures de santé de la commune de Tambacounda. Par ailleurs, deux lits seront offerts à l’hôpital de Domor (région de Thiès) et trois autres à l’hôpital de Médina Gounass. «C’est un investissement dans la dignité des citoyens», s’est félicité le Directeur régional de la santé (Drs). Conscient de la valeur capitale du matériel reçu, le responsable régional a vivement remercié les donateurs, soulignant qu’il ne s’agit pas de leur première action en faveur du secteur. Ce matériel va «renforcer la disponibilité des équipements et le confort des patients», a-t-il ajouté, tout en promettant un déploiement adapté aux besoins réels.

L’hommage du Préfet à la régularité des actions

Le Préfet du département de Tambacounda, M. Alioune Badara Mbengue, a salué la qualité du partenariat entre le Fonds Binta et l’association Ttc. Ayant personnellement présidé quatre des actions menées par ce mouvement dans la localité, le représentant de l’Etat a rappelé sa rencontre avec les membres de Ttc à la veille même de la création de leur structure. Il leur avait alors prodigué des conseils avisés, les exhortant à œuvrer pour un impact positif et durable sur les populations. Selon le Préfet, les réalisations concrètes de l’association démontrent qu’elle est pleinement sur cette voie. Sa présence à la cérémonie se veut une marque d’encouragement pour cette initiative, mais aussi un appel lancé aux autres associations afin qu’elles s’investissent davantage pour le bien-être des citoyens. Après avoir invité les bénéficiaires à faire un usage optimal de ce précieux matériel, M. Alioune Badara Mbengue a conclu son intervention en adressant ses vifs remerciements aux Hôpitaux universitaires de Genève (Hug) ainsi qu’au Fonds Binta, tout en encourageant Ttc à poursuivre son engagement exemplaire.

Indépendance financière et culture de l’action

Ces paroles réconfortent Ousmane Dia : «Si nous sommes réunis, c’est parce que nous croyons en une vérité simple : la santé ne doit jamais être un sujet de rhétorique, mais une priorité d’action.»

Ce don, fruit d’une requête rigoureuse validée par les Hôpitaux universitaires de Genève, concrétise la volonté du mouvement de passer à la vitesse supérieure.

L’acheminement des lits depuis Genève a été intégralement financé par les membres du Fonds Binta. Depuis trois ans, Ttc fonctionne sur un modèle d’indépendance financière totale, où chaque centime provient exclusivement des cotisations et des dons de ses membres.

«L’Adn de Ttc est clair : servir Tambacounda, et non se servir de Tambacounda, a martelé M. Dia. Cet engagement n’est pas un effet d’annonce. Depuis 25 ans, nous transformons le réel par des actions concrètes.»

Un bilan riche en réalisations concrètes

M. Dia, également artiste plasticien, a profité de l’occasion pour revenir sur les réalisations marquant le parcours du mouvement : en 2001, réalisation de la première sculpture monumentale au rond-point de la police et de diverses fresques murales. En 2004, il a été réalisé l’équipement de la mairie en poubelles de rue (400 unités) et du Centre culturel régional en matériel informatique et littéraire. Puis arrive 2005 avec le lancement de Tambacoun-da.info, le premier site d’information régionale du Sénégal, et organisation de la première Rencontre internationale des Tambacoundois de la diaspora au Palais des Nations unies à Genève en 2007, fondant le Réseau international des Tambacoundois de la diaspora.

En 2011, il y a eu l’accompagnement de plus de 750 élèves via le Fonds d’excellence, la construction de la salle d’activités du Collège Moriba Diakité. En 2018, l’édification d’une salle polyvalente de 200 m² au Collège Abattoirs, suivie en 2020 de la réhabilitation du Foyer d’accueil de Ségou à Dindéfélo (Kédou-gou) et remises régulières de kits scolaires et de bourses (Malème Niani, Tambacounda, école de Soukhème), soutien matériel à l’orphelinat «Edeukeur» (2020), équipement de la morgue de la Mosquée Hlm 1 (2023), climatisation de la salle des maîtres du Collège Gouye (2024) et appui médical aux quartiers Abattoirs, Afia et Médinacoura (2025).

En 2026, le mouvement a réalisé la construction de la Case des tout-petits de Billalibougou (2026), avec déjà plus de 10, 5 millions de francs Cfa investis, et le lancement d’une campagne majeure de sensibilisation sur l’hygiène menstruelle accompagnée de la distribution de 20 000 serviettes hygiéniques. «Toutes ces réalisations illustrent notre conviction profonde : nous aimons notre ville plus que tout, et c’est pour cette raison que nous avons réuni les filles, les fils et les amis de Tambacounda pour reprendre notre destin en main», rappelle Ousmane Dia.

En conclusion, il a lancé un vibrant appel à la mobilisation générale : «Il est temps de regarder les choses en face : personne ne viendra construire Tambacounda à notre place. Les solutions durables ne viendront pas de l’attente, mais de l’initiative.» Une mention spéciale a été adressée aux Hôpitaux universitaires de Genève pour leur générosité constante.

afall@lequotidien.sn