Les rappeurs Ajoola et Alizeh signent une collaboration forte et engagée avec «Head High», un titre de rap qui interroge les dérives actuelles du hip-hop et revendique un retour à ses fondements éducatifs, sociaux et politiques.

Ils sont deux voix de la musique à se donner la main pour une collaboration engagée. Originaire de Ziguinchor et aujourd’hui basé à New York, Ajoola incarne une génération d’artistes pour qui le rap demeure un espace de réflexion et d’intégrité. Mc, étudiant et travailleur, il livre une écriture exigeante, nourrie par l’expérience, les désillusions du milieu et la volonté de rester fidèle à une éthique artistique. A ses côtés, Alizeh, figure emblématique de Kangam Squad à Tambacounda, apporte une dimension historique et sociale au morceau. Professeur d’an­glais, lyriciste rigoureux et voix respectée du rap sénégalais, il incarne un hip-hop ancré dans le réel, où la parole reste un outil de transmission et de conscientisation. Réalisé entre Long Island City (Queens) et Dumbo (Brooklyn), le clip de Head High s’inscrit dans une esthétique urbaine sobre et symbolique. Les ponts de Brooklyn et de Manhattan, ainsi que la silhouette de l’Empire State Building, structurent une mise en scène épurée, où l’architecture devient métaphore. Ces images traduisent la lutte, la persévérance et le passage entre plusieurs mondes -géographiques, culturels et intérieurs- faisant écho au parcours des artistes et au message du morceau.

Un manifeste pour un rap debout

Head High rend hommage aux trajectoires marquées par l’épreuve, aux douleurs silencieuses et à l’intégrité artistique de celles et ceux qui choisissent la dignité plutôt que la facilité. A contre-courant des logiques de spectacle, le morceau affir­me la possibilité d’un rap qui élève, qui questionne et qui libère.