Face à la presse ce mardi, Seydou Guèye, porte-parole de l’Alliance pour la République (Apr), a vigoureusement fustigé le maintien en détention de Farba Ngom. Entre accusations d’acharnement politique, irrégularités procédurales et confusion des rôles au sommet de l’Etat, le camp de l’ancien Président Macky Sall crie à l’instrumentalisation judiciaire.
Par Justin GOMIS – Une «justice à géométrie variable». Hier, le porte-parole de l’Alliance pour la République (Apr) n’a pas mâché ses mots pour dénoncer ce qu’il qualifie de traitement inégalitaire bafouant les principes républicains. Pour Seydou Guèye, le cas de Farba Ngom est le point culminant d’une «persécution politique» qui dure depuis près d’un an.
Il a notamment rappelé le contexte de cette arrestation, remontant au «discours d’Agnam» où Ousmane Sonko aurait, selon lui, ouvertement menacé le député. «Depuis pratiquement un an, ce sont toujours des accusations, aucune preuve établie. C’est de la haine», a martelé le porte-parole, estimant que le dossier est «loin d’être une affaire de justice».
Un bras de fer procédural tendu
L’Apr pointe du doigt des anomalies dans le déroulement de l’instruction. Le parti souligne notamment l’obstination du Parquet à formuler un appel systématiquement : c’est la deuxième fois que le procureur interjette appel suite à une ordonnance de mise en liberté rendue par un juge. Elle souligne aussi l’absence de preuves : malgré les promesses de révélations sur des «scandales ou détournements», Seydou Guèye affirme que le dossier demeure vide. L’ex-parti au pouvoir insiste aussi sur l’état de santé de Farba Ngom. Le porte-parole a déploré le maintien en cellule du député malgré des rapports médicaux attestant de l’incompatibilité de son état de santé avec le milieu carcéral. «La justice doit être un rempart et ne devrait jamais se transformer en risque et en danger pour la République», a prévenu Seydou Guèye.
Le Garde des sceaux sous le feu des critiques
L’intervention médiatique de Yassine Fall, ministre de la Justice, a cristallisé la colère des responsables de l’Apr. Seydou Guèye s’est interrogé sur la légitimité de cette sortie : «Depuis quand un ministre de la Justice prend-il le rôle du procureur pour se prononcer sur la situation et le cas de Farba ?»
Qualifiant cette intervention de «conférence de panique», le porte-parole y voit une confusion des rôles dangereuse pour la séparation des pouvoirs. Quant aux révélations sur la découverte de téléphones portables dans la cellule du député, l’Apr a choisi de ne pas s’étendre, invoquant la «décence» et la «bonne éducation» face à ce qu’elle considère comme des détails destinés à salir l’image du détenu.
Un appel aux organisations des droits de l’Homme
Enfin, Seydou Guèye a révélé que plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme ont été saisies. Cependant, il regrette que ces alertes se heurtent à un pouvoir «obnubilé par son désir de liquider politiquement» ses adversaires. En réaffirmant son attachement à l’Etat de Droit, l’Apr place désormais le débat sur le terrain de la survie des acquis démocratiques du Sénégal.
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