Face aux obstacles majeurs qui freinent l’accès des personnes en situation de handicap et des jeunes filles aux services de santé de la reproduction, le Réseau des jeunes pour la promotion de l’abandon des Mutilations génitales féminines (Mgf) et du mariage d’enfants a mobilisé, ce vendredi 18 septembre, les leaders communautaires de Sédhiou. En partenariat avec le Caeb, Dambé Funds Sahel et Ebénézer International, cet atelier de plaidoyer vise à engager les autorités locales pour une prise en charge plus équitable et inclusive des couches vulnérables.

Par Seydou Tamba CISSE – Faciliter l’accès aux services de santé reproductive pour les femmes, les filles et les personnes en situation de handicap : tel est le combat mené à Sédhiou par le Réseau des jeunes pour la promotion de l’abandon des mutilations génitales féminines et du mariage d’enfants. En collaboration avec ses partenaires (Caeb, Dambé Funds Sahel et Ebénézer International), l’organisation a réuni guides religieux, chefs coutumiers, professionnels de la santé, mouvements associatifs et Badiénou gox lors d’un atelier de plaidoyer organisé ce vendredi 18 septembre.

Les débats ont mis en lumière de lourdes carences : manque d’informations fiables, déficit de communication intrafamiliale et, surtout, marginalisation quasi totale des personnes handicapées au sein du système de soins local. Aminata Diatta, sage-femme d’Etat au Poste de santé El Hadji Demba Coly, a livré un témoignage évocateur : en trois ans d’exercice, elle n’a jamais reçu une seule femme en situation de handicap en consultation. Rappelant que la santé de la reproduction concerne toute la vie génitale de la femme -de l’apparition des règles jusqu’à la ménopause-, elle a appelé à intensifier la sensibilisation pour inciter ces usagères à fréquenter les structures sanitaires.

De leur côté, les jeunes filles leaders présentes ont vivement déploré la désinformation ambiante et le tabou qui persiste au sein des familles, freinant le dialogue parents-enfants sur ces thématiques essentielles.

Des infrastructures inadaptées et un personnel non formé

Présidente de l’Association des personnes en situation de handicap de Sédhiou, Mariama Mandiang a pointé du doigt les contraintes matérielles au quotidien : absence de rampes d’accès dans les bâtiments de santé, manque d’équipements adaptés et absence de formation spécifique du personnel soignant pour la prise en charge du handicap.

Pour corriger ces injustices, le réseau réclame une réorientation des budgets publics locaux. «Cet atelier vise à améliorer l’accès aux soins des populations vulnérables. Nous demandons formellement à la municipalité de réserver au moins 5% du fonds de dotation alloué à la santé pour la prise en charge spécifique des personnes handicapées et vulnérables, au lieu de tout consacrer à l’achat de médicaments», a expliqué Demba Samba Ba, Point focal du réseau. Il s’est félicité de l’intérêt suscité par cette rencontre, promettant de faire remonter l’ensemble des doléances auprès des partenaires techniques et financiers.

Absence de rampes d’accès, déficit d’informations, manque de personnel qualifié et contraintes financières : le diagnostic est désormais posé sur la table des collectivités territoriales, de l’Inspection de la jeunesse et des sports, ainsi que de la Direction régionale de la santé de Sédhiou, désormais attendues au tournant pour apporter des réponses concrètes.

seydou.cisse@lequotidien.sn