Quand l’art rencontre la science pour sauver l’environnement ! A Sébikhotane, la troupe Kër gu mag utilise le théâtre-forum pour vulgariser les données sur la pollution de l’air et mobiliser les citoyens. Un engagement fort pour la santé publique soutenu par l’Observatoire écocitoyen.
Par Amadou MBODJI – Le théâtre comme bouclier écologique. Du 30 janvier au 1er février, la troupe «Kër gu mag» a transformé les planches en véritable forum citoyen. A travers la première édition de son Festival de théâtre-forum sur l’environnement, ces artistes-activistes ont réussi le pari de vulgariser des données scientifiques complexes pour alerter les populations de Sébikhotane sur les dangers de la pollution industrielle.
La troupe de théâtre «Kër gu mag» de Sébikhotane ne se contente plus de divertir. Face à l’urgence écologique dans une zone qui abrite les deux plus grandes usines métallurgiques d’Afrique de l’Ouest, les comédiens ont choisi le théâtre-forum pour engager le dialogue. Selon Adiara Fall Ndiaye, présidente de la troupe, enseignante et élue locale, l’objectif est double : «Sensibiliser les populations sur les questions liées à la pollution et renforcer les capacités des acteurs qui utilisent le théâtre comme outil de combat.»
La science au service de la scène
L’originalité de «Kër gu mag» réside dans sa démarche hybride. La troupe travaille en étroite collaboration avec l’Observatoire écocitoyen, né du programme de recherche AirGeo. «Nos pièces se basent sur les données réelles de l’observatoire. Notre spécialité est de traduire le langage codé des scientifiques pour le rendre accessible au grand public», explique Mme Ndiaye. En transformant des statistiques sur la qualité de l’air en émotions et en dialogues, les artistes permettent aux citoyens de prendre conscience de l’impact direct des industries sur leur santé.
Une synergie
d’acteurs pour un impact régional
Le festival n’a pas été qu’une série de représentations, mais un véritable cadre de renforcement de capacités. Sur scène, l’interaction avec le public a été au cœur des échanges, notamment autour de pièces comme Wer gi yaram bala dara (La santé avant tout), une création dédiée aux enjeux du futur Port de Ndayane. Pour cette première édition, «Kër gu mag» a su fédérer d’autres troupes engagées telles que «Kaddu Yaraax», «Bët» de Guédiawaye et Valeur d’Afrique de Mboro.
Un héritage de sciences participatives
Composée d’une quinzaine de comédiens, la troupe pérennise une pratique initiée par le metteur en scène Mamadou Diol. Ce projet s’inscrit dans la continuité du projet AirGeo (2021-2023) et de l’Observatoire écocitoyen (lancé en 2024). Aujourd’hui, l’action de ces artistes couvre l’axe stratégique Sébikhotane-Bargny-Diamniadio, portant la voix des habitants là où les chiffres ne suffisent plus à provoquer le changement.
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