C’est une situation épidémiologique sous surveillance : le district sanitaire de Kédougou est en état d’alerte. Sur un total de 36 cas suspects prélevés en ce début d’année, 22 se sont révélés positifs, selon les données communiquées par Marie Noël Sène Faye, responsable du Programme élargi de vaccination (Pev) et de la surveillance épidémiologique du district.
Cette flambée n’est pas soudaine. Le district avait déjà enregistré des signes avant-coureurs à la fin de l’année précédente : à Ndiormi, le centre de santé secondaire de ce quartier de la commune de Kédougou a été l’épicentre de pics épidémiques durant les mois de novembre et décembre avec 12 cas confirmés. Pour l’extension géographique, le virus s’est propagé au-delà de la commune, touchant le poste de santé frontalier de Fongolimbi, ainsi que le centre de santé principal de Kédougou.
Une riposte vaccinale immédiate
Face à la haute contagiosité de la maladie, le district sanitaire a réagi promptement. Une campagne de vaccination de riposte a été lancée dès les premiers jours de janvier 2026. Cette opération cible prioritairement les enfants, catégorie la plus vulnérable aux complications de la rougeole.
«Nous avons déjà entamé une riposte vaccinale dans le centre de santé principal et dans tous les postes de santé du district», a précisé Mme Faye lors d’un entretien avec l’Aps.
Appel à la mobilisation communautaire
L’efficacité d’une telle campagne repose sur l’adhésion des populations. Pour briser la chaîne de transmission, les autorités sanitaires misent sur une collaboration étroite avec les acteurs sociaux : les chefs de famille sont exhortés à conduire sans délai leurs enfants vers les points de vaccination pour garantir une couverture immunitaire maximale. Alors que le corps enseignant, pivot essentiel de la communauté, est invité à signaler tout cas suspect et à encourager les parents d’élèves à respecter le calendrier vaccinal.
Un enjeu de santé transfrontalier
La présence de cas à Fongolimbi, zone frontalière, rappelle la complexité de la gestion des épidémies dans cette région carrefour. La surveillance épidémiologique reste donc active pour éviter que ces foyers locaux ne se transforment en une épidémie régionale majeure.
