Réuni en Assemblée générale triennale, le Réseau national des associations de lutte contre la tuberculose a fait le point sur ses actions. Son coordonnateur, Adama Niang, insiste sur l’urgence de renforcer la sensibilisation pour vaincre une maladie encore trop stigmatisée au Sénégal.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Le Réseau national des associations de lutte contre la tuberculose a tenu, ce week-end, son Assemblée générale, un rendez-vous statutaire organisé tous les trois ans. A cette occasion, son coordonnateur, Adama Niang, a dressé un bilan d’étape des actions menées dans la lutte contre la tuberculose au Sénégal. Sans entrer dans les détails chiffrés, le responsable souligne néanmoins des avancées notables au cours des trois dernières années. «Nous sommes engagés dans une dynamique de lutte intense, avec comme objectif fixé par nos partenaires, notamment le Fonds mondial, l’élimination de la tuberculose à l’horizon 2030», a-t-il déclaré.

Cependant, malgré ces progrès, Adama Niang pointe un obstacle majeur : la stigmatisation. «C’est une gangrène qui freine considérablement les efforts. Beaucoup de personnes considèrent encore la tuberculose comme une maladie honteuse, alors qu’elle se soigne et se guérit totalement», regrette-t-il.

Le coordonnateur rappelle que le traitement de la tuberculose est entièrement gratuit dans toutes les structures de santé du pays, grâce aux dispositifs mis en place par le ministère de la Santé. «Dès le diagnostic posé, le patient est immédiatement pris en charge. En six mois de traitement régulier, il peut être complètement guéri», insiste-t-il. Sur le plan de la connaissance de la maladie, les chiffres restent préoccupants. Selon lui, seuls 51, 6% des Sénégalais savent réellement ce qu’est la tuberculose. «Si nous atteignons 80 à 90% de taux de connaissance, la maladie reculera de manière significative», estime-t-il.

Concernant la répartition géographique, Adama Niang note une évolution. Jadis concentrée dans les banlieues avec près de 44% des cas, la maladie tend aujourd’hui à se redistribuer, avec Dakar en tête et environ 40% des cas recensés. Les populations les plus touchées restent les «pauvres urbains», vivant dans des conditions de promiscuité et de précarité.

Face à cette situation, le coordonnateur appelle à un réflexe simple mais crucial : le dépistage précoce. «Toute personne qui tousse pendant plus de 15 jours doit se rendre dans une structure de santé. Le dépistage est gratuit, tout comme le traitement», martèle-t-il.

En définitive, pour Adama Niang, la clé de la victoire contre la tuberculose réside autant dans l’accès aux soins que dans le changement de perception sociale. «Nous devons informer, sensibiliser et rassurer. La tuberculose n’est pas une fatalité», conclut-il.

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