Pour optimiser le financement et l’impact des politiques de planification familiale au Sénégal, la coalition 3Cap-Santé explore de nouvelles stratégies. Réunies lors d’un atelier de quatre jours, les organisations membres se forment au plaidoyer «Smart», une méthode d’inspiration anglo-saxonne plus pragmatique, tout en misant sur l’implication des chefs religieux pour porter un discours adapté aux réalités locales.
Par Justin GOMIS – «Permettre aux femmes et aux enfants de jouir d’une meilleure santé à travers un bien-être global.» Tel est l’objectif fondamental poursuivi par les organisations membres de la coalition 3Cap-Santé. Pour y parvenir, un atelier de renforcement des capacités en matière de plaidoyer «Smart» et de redevabilité s’est tenu pendant quatre jours. Cette rencontre a permis aux participants de partager leurs expériences, de s’approprier ces concepts clés et de renforcer les compétences organisationnelles de la Société civile sénégalaise. L’enjeu est de taille : outiller techniquement les membres de 3Cap-Santé, ainsi que leurs partenaires venus du Kenya, d’Ouganda et du Nigeria, afin qu’ils puissent influencer efficacement les décisions de financement nationales et réorienter le discours politique.
«L’accent a été mis sur une approche conjointe entre 3Cap-Santé et le Crst (Centre de recherche sur la santé et la population) pour offrir aux acteurs une méthodologie beaucoup plus efficace et rigoureuse dans le domaine du plaidoyer en général», a indiqué Paul Nyachae, représentant de Jhpiego et membre de l’alliance Sasa. Selon lui, le temps est une ressource rare lors des campagnes de sensibilisation. «Quand vous faites du plaidoyer, vous disposez de très peu de temps, et les grands décideurs n’en ont pas non plus à vous consacrer», rappelle-t-il pour justifier l’urgence de maîtriser la méthode «Smart» (Spécifique, mesurable, atteignable, réaliste et temporellement défini).
En collaborant avec ces partenaires est-africains et nigérians, la Société civile sénégalaise s’approprie l’approche anglo-saxonne, réputée plus pragmatique que le modèle francophone. «C’est une démarche plus efficace et efficiente. Elle s’avère cruciale dans ce contexte de raréfaction des ressources, où il devient obligatoire de mobiliser d’autres leviers de financement. Il s’agit de convaincre que notre objectif, qui est aussi celui de l’Etat du Sénégal, est d’assurer le bien-être des femmes et des enfants», a souligné M. Nyachae. Grâce à ces outils, les acteurs comptent désormais «élaborer conjointement des discours fondés sur des données probantes et alignés sur les convictions religieuses, afin de positionner la planification familiale comme un pilier du bien-être familial, de la parentalité responsable et de la protection maternelle».
En tant que coalition de la Société civile, 3Cap-Santé entend jouer un rôle d’interface. Elle prévoit d’appuyer non seulement les leaders communautaires et les religieux de toutes obédiences, mais aussi d’accompagner le gouvernement pour dynamiser sa politique de santé maternelle. «Nous mènerons ces actions en étroite collaboration avec la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (Dsme)», a précisé Paul Nyachae. Selon lui, la finalité est d’«inscrire toutes les activités de plaidoyer dans les cadres nationaux de coordination Srmnia-Nut (Santé de la reproduction, de la mère, du nouveau-né, de l’enfant, de l’adolescent et de la nutrition) afin d’assurer une parfaite cohérence avec les priorités stratégiques du ministère de la Santé».
Déterminés à pérenniser cette dynamique, les participants se sont engagés à «mettre en place un groupe d’experts formés, maîtrisant l’utilisation des outils de redevabilité, la gestion des données et les mécanismes de suivi».
justin@lequotidien.sn

Commentaires (0)
Soyez le premier à réagir.
Se connecter pour commenter