Réunis au siège de l’Oms du 9 au 14 février, les Etats membres ont franchi une étape décisive dans l’élaboration du Système Pabs. Cette annexe juridique, pilier de l’Accord sur les pandémies, vise à garantir que le partage des données scientifiques rime enfin avec un accès équitable aux vaccins et traitements pour tous les pays.

Par Justin GOMIS – L’élan pour une sécurité sanitaire mondiale plus juste ne faiblit pas. Les Etats membres de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) ont conclu, samedi dernier, un cycle de négociations intensives d’une semaine. Au cœur des débats : le projet d’annexe relative au Système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages (Pabs).

Un mécanisme de survie collective

L’enjeu est vital. Pour contrer une future menace épidémique, la rapidité est l’arme absolue. Le Système Pabs doit permettre aux pays de détecter et partager instantanément le matériel biologique et les données de séquençage génétique des virus ou bactéries à potentiel pandémique. Cette circulation fluide de l’information est ce qui permet aux chercheurs de mettre au point, en un temps record, les tests de diagnostic, les traitements et vaccins nécessaires. Mais le Système Pabs va plus loin : il exige que ce partage de données soit indissociable d’un partage juste et équitable des bénéfices, évitant ainsi que les pays en développement ne soient, une fois de plus, les derniers servis.

Des progrès concrets malgré les divergences

Si les discussions ont été qualifiées de «fructueuses» par les participants, le chemin reste ardu. L’ambassadeur Tovar da Silva Nunes (Brésil), coprésident du groupe de travail, se montre optimiste : «Les pays ont de nouveau montré qu’ils tiennent absolument à finaliser cette annexe. Nous avons désormais une vision claire pour rationaliser le texte.» De son côté, Matthew Harpur (Royaume-Uni), également coprésident, a salué l’esprit constructif des délégations, tout en rappelant l’urgence du calendrier : «Il est clair que d’importantes divergences subsistent, mais tout le monde est conscient des enjeux. Le temps presse.»

Un rendez-vous historique en mai

Adopté l’an dernier pour corriger les failles béantes révélées par le Covid-19, l’Accord sur les pandémies est un instrument juridique contraignant. Pour le Dr Tedros Adhanom Ghe­breyesus, Directeur général de l’Oms, l’aboutissement de cette annexe est à portée de main. Il a exhorté les nations à maintenir ce «multilatéralisme fort» pour affronter ensemble les menaces futures. Les prochaines étapes clés sont notées : en mars 2026, il est prévu une reprise des négociations pour combler les dernières lacunes textuelles, et en mai 2026, ce sera la présentation des résultats finaux lors de l’Assemblée mondiale de la santé.

Parallèlement aux discussions étatiques, l’Oms continue de consulter le secteur privé, le monde universitaire et les gestionnaires de bases de données de séquençage, afin de s’assurer que le futur système soit non seulement équitable, mais aussi techniquement opérationnel dès son entrée en vigueur.

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