Un litige foncier portant sur un champ de deux hectares à Keur Ndiaye Lô (commune de Sangalkam) oppose la famille de feu Charles Marie Diagne à l’ancien ministre Seydina Oumar Sy. Face à la presse, les héritiers dénoncent un acte de vente falsifié et accusent le maire Alpha Bocar Khouma d’un «forcing» administratif, tandis que l’édile défend la parfaite régularité des documents d’attribution.
Par Alioune Badara NDIAYE – Neuf renvois, et une partie adverse qui poursuit ses travaux sur le site objet du litige. La famille Charles Marie Diagne n’entend pas se faire spolier des terres acquises par leur père à Keur Ndiaye Lô (commune de Sangalkam) depuis plus d’une quarante d’années. Les membres de la famille ont étalé leur désarroi lors d’un point de presse mercredi sur le site. Ils ont pointé du faux dans l’acte de vente présenté par la partie adverse et selon lequel leur père avait cédé le champ en 1971 à Seydina Oumar Sy, ancien ministre des Affaires étrangères. «Comment en tant qu’ancien ministre, il peut acheter avec des documents sans aucune valeur juridique. Il n’y a aucune signature de témoin, la signature du propriétaire est falsifiée, l’adresse n’est pas conforme et il y a erreur sur la date de naissance», a tonné Alioune Diagne, membre de la famille. «Nous avons vu que c’est une arnaque, et on ne se laissera pas faire. La famille Diagne a démontré que le champ lui appartient et nous interpellons la Justice», a-t-il insisté. Mamadou Diop Thioune, représentant de la collectivité léboue, trouve curieuse la lenteur de la procédure devant les tribunaux. «Comment un dossier, objet d’un litige en Justice après neuf renvois, ne peut-t-il toujours être vidé pour permettre à chaque partie de savoir si elle est propriétaire ou pas», s’est-il interrogé, se désolant que la partie adverse poursuive ses travaux sur le site. Il y voit un trafic d’influence avec une participation active du maire de la localité, qui a pris fait et cause pour l’autre partie. Pour Diop Thioune, c’est à partir de manœuvres établies sur du faux et de l’usage de faux en écriture que la partie adverse a usé pour disposer d’une délibération pour légitimer une fausse propriété. Les héritiers de Charles Marie Diagne s’en sont pris au maire Alpha Bocar Khouma qui, selon eux, a fait un forcing pour régulariser à leur détriment la situation par un protocole d’accord et l’émission de nouveaux documents administratifs.
Le maire Alpha Bocar Khouma défend la régularité de la procédure
Alpha Bocar Khouma dit ne pas comprendre les attaques le visant dans cette affaire. «J’ai fait une mutation à Seydina Oumar Sy à qui appartient ce terrain, et je l’ai faite sur la base de la continuité du service municipal», a-t-il dit, rappelant avoir trouvé le procès-verbal de délibération dans les actes de délibération de l’ex-communauté rurale de Sangalkam. La délibération remonte à l’époque de Abdoulaye Ndoye, prédécesseur de l’ancien ministre Oumar Guèye à la tête de la communauté rurale. «Si vous allez au niveau du Cadastre, le Nicad (Numéro d’identification cadastrale), c’est au nom de Seydina Oumar Sy. Ce terrain n’appartient pas à la commune mais à Seydina Oumar Sy. La famille Diagne dit qu’elle a des papiers. Qu’elle aille en Justice alors. Je ne sais pas pourquoi ils s’attaquent à ma personne parce que rien ne m’oppose à eux», a-t-il fait savoir.
abndiaye@lequotidien.sn

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