Face aux sanctions américaines visant le magistrat sénégalais Abdoulaye Sèye, Mame Madiaye Niang procureur par intérim de Cpi et plusieurs responsables de la Cpi, Dakar sort de son silence. Dans un communiqué publié ce 20 août, le ministère des Affaires étrangères exprime sa «profonde préoccupation», réaffirme sa solidarité envers son compatriote et appelle à préserver l’indépendance de la Justice internationale.
Par Justin GOMIS – Le gouvernement du Sénégal est sorti de son silence à la suite des mesures coercitives annoncées le 18 août 2026 par les autorités américaines à l’encontre de responsables de la Cour pénale internationale (Cpi). Dans un communiqué rendu public ce jeudi 20 août, le ministère de l’Intégration africaine, des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur exprime sa «profonde préoccupation» face à ces décisions qui frappent notamment M. Abdoulaye Sèye, ressortissant sénégalais, membre du Bureau du Procureur et candidat officiel de la République du Sénégal à l’élection au poste de juge de la Cpi.
«Un instrument fondamental au service de la Justice»
Rappelant qu’il est le premier Etat à avoir ratifié le Statut de Rome, le Sénégal a tenu à réaffirmer son rôle de fervent défenseur de la juridiction de La Haye. Pour Dakar, la Cpi constitue un «pilier essentiel de la lutte contre l’impunité». Le gouvernement met en garde contre toute mesure visant à entraver l’indépendance, la sécurité ou l’exercice des fonctions des magistrats, estimant qu’elles sont de nature à «fragiliser l’intégrité et le bon fonctionnement de la Justice pénale internationale».
Solidarité totale et appel au dialogue
Exprimant sa «pleine solidarité» à le endroit de Abdoulaye Sèye et des autres hauts responsables de la cour ciblés par Washington, la diplomatie sénégalaise rappelle avec fermeté que des fonctions judiciaires exercées en toute indépendance ne sauraient donner lieu à des pressions.
Fidèle à ses principes de politique étrangère, le Sénégal réitère son attachement indéfectible au multilatéralisme, au respect du Droit international et à la préservation de l’ordre juridique international. A cet effet, le gouvernement annonce qu’il poursuivra des concertations avec ses partenaires africains et internationaux afin de protéger l’institution, tout en appelant à privilégier le dialogue, la coopération et le respect mutuel.
justin@lequotidien.sn

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