Avec plus de 2000 décideurs attendus, une cinquantaine d’exposants et une vingtaine d’intervenants venus du Sénégal, de la sous-région et de l’international, la première édition du Salon international du conseil en Afrique de l’Ouest (Sicao) ambitionne de positionner l’Afrique de l’Ouest comme un hub stratégique du conseil. Dans un secteur pesant plus de 1100 milliards de dollars à l’échelle mondiale, les acteurs africains entendent désormais renforcer leur présence et faire émerger une expertise locale capable d’accompagner les transformations économiques du continent.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Dakar accueille la première édition du Salon international du conseil en Afrique de l’Ouest (Sicao), une initiative qui vise à faire de la capitale sénégalaise un carrefour régional de l’expertise, de l’innovation et du conseil. Organisé au Centre international du commerce extérieur du Sénégal, l’événement rassemble des professionnels du secteur, des représentants d’institutions publi­ques et privées, ainsi que des partenaires internationaux autour des enjeux de structuration et de développement du marché du conseil en Afrique.

Pour El Hadji Sidy Diop de Cs Africa Tax & Legal Sénégal, sponsor officiel du salon, l’Afrique dispose aujourd’hui des compétences nécessaires pour occuper une place beaucoup plus importante dans cette industrie mondiale. Selon lui, le véritable défi réside moins dans les capacités des professionnels africains que dans l’organisation du secteur et la conquête d’un marché encore largement dominé par les grands cabinets internationaux. Il estime que les cabinets africains doivent désormais gagner en ambition, renforcer leur structuration et développer leur présence à l’échelle régionale et internationale.

Le responsable de Cs Africa Tax & Legal considère également que l’Intelligence artificielle représente une opportunité majeure pour améliorer la qualité des analyses, accélérer les processus de travail et renforcer la performance des missions de conseil, tout en maintenant le rôle central de l’expertise humaine dans la prise de décision.

Abordant les perspectives du secteur, il souligne que le conseil constitue un levier important pour accompagner la croissance des entreprises, optimiser leur organisation et améliorer leur compétitivité dans un environnement économique de plus en plus exigeant.

Le président du Cercle des administrateurs publics (Cap), Dr Lansana Sakho, partage cette vision et insiste sur le rôle stratégique du conseil dans la modernisation des administrations publiques et des organisations privées. Selon lui, les mutations économiques, technologiques et institutionnelles auxquelles sont confrontés les Etats africains rendent indis­pensable le recours à des expertises capables d’accompagner les processus de transformation et d’améliorer la qualité de la décision publique.

Dr Lansana Sakho estime que l’Afrique dispose d’un important vivier de compétences qu’il convient de mieux valoriser à travers une professionnalisation accrue du secteur. Il plaide pour une meilleure structuration des métiers du conseil afin de renforcer sa crédibilité, son efficacité et sa contribution au développement économique. Pour le président du Cap, la formation des jeunes professionnels et la constitution d’une masse critique d’experts constituent également des priorités pour permettre au continent de relever les défis de gouvernance, de compétitivité et d’innovation.

A travers cette première édition, le Sicao entend ainsi poser les bases d’un écosystème du conseil plus structuré, plus visible et davantage connecté aux besoins des entreprises et administrations africaines. L’ambition affichée est de faire de l’Afrique de l’Ouest un acteur reconnu d’un marché mondial en pleine expansion, et de Dakar une plateforme incontournable de réflexion et d’échanges sur les métiers du conseil.

latifmansaray@lequotidien.sn