Pour booster les compétences technologiques dans l’enseignement, la Cosydep a lancé, à Rufisque, le projet «Compétences numériques des élèves et développement de l’esprit scientifique» (Cndes). Soutenue par la Coopération allemande (Giz), cette initiative prévoit l’implantation de «boutiques numériques éducatives» dans dix établissements, à travers cinq régions du Sénégal. L’objectif est de transformer l’usage, encore timide, du numérique en classe -actuellement limité à 40%- en un véritable levier pédagogique et critique pour les élèves.
Par Alioune Badara NDIAYE – Pour un usage plus affirmé du numérique dans les écoles, la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep) a lancé, dimanche, le projet «Compétences numériques des élèves et développement de l’esprit scientifique» (Cndes) à travers un atelier de deux jours destiné aux 20 formateurs de la phase-pilote. Mis en œuvre avec le soutien de la Coopération allemande (Giz) dans le cadre du programme «Génération Digital», ledit projet compte implanter des Boutiques numériques éducatives (Bne) dans une dizaine d’établissements de cinq régions du pays. «Le programme soutient la promotion des compétences numériques chez les enfants et les adolescents en renforçant les capacités des acteurs de l’éducation dans les pays partenaires africains, en vue de consolider des écosystèmes numériques éducatifs inclusifs et durables», a indiqué, dimanche, Mamadou Ndiaye, responsable de la recherche et de la documentation à la Cosydep. «Ces boutiques auront comme clients les élèves, qui seront formés à ces compétences. Ils seront soutenus par les 20 formateurs dont nous sommes en train de renforcer les capacités, et ensuite soutenus par le Conseil national d’orientation scientifique», a-t-il expliqué, notant que la mise en place des Bne découle d’un diagnostic de terrain sur les besoins et défis du numérique. «C’est à partir de cette étude que nous avons élaboré un ensemble d’outils, un référentiel que nous sommes en train de partager et qui servira de base pour le référencement des capacités numériques des élèves», a relevé M. Ndiaye.
«Au niveau des enseignements, il y a une forte proportion de 75% à utiliser le numérique. Mais l’utilisation en classe est beaucoup moins répandue -autour de 40%-, avec toujours un besoin affirmé d’accompagnement dans ce domaine. Les parents se sont montrés favorables à l’usage du numérique, mais les statistiques révèlent également qu’ils ont beaucoup de difficultés à régler et accompagner cela», a pointé Moussa Mbaye, psychologue-conseiller scolaire professionnel, revenant sur les données de l’étude. «L’usage est là, mais il y a un besoin de renforcement au niveau pédagogique, également un grand besoin d’informations et de guidage en termes d’orientation», a-t-il poursuivi. «Il s’agit de leur montrer quels outils numériques peuvent être adaptés à l’école, notamment à travers la réalisation de vidéos mobiles, mais aussi de développer un esprit critique face à l’Intelligence artificielle», a dit Basile Niane, consultant et expert numérique, à propos de la formation des formateurs.
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