Moins d’une semaine après l’adresse à la Nation du Président Bassirou Diomaye Faye, la riposte s’organise. Quatre organisations majeures ont annoncé, ce mercredi 7 janvier 2026, la création d’un front commun baptisé «Référendum Rek» pour exiger que toute réforme de la Charte fondamentale passe exclusivement par la voie référendaire.

Le discours du 31 décembre dernier ne semble pas avoir apaisé les tensions politiques, bien au contraire. En annonçant son intention d’engager des réformes constitutionnelles par voie parlementaire, le chef de l’Etat a suscité une levée de boucliers immédiate.

Un front uni contre le «passage en force»

Le collectif, composé du mouvement «Rappel à l’ordre», du Front de Résistance de la diaspora sénégalaise (Frds), du Rassemblement des travailleurs (Rts) et du Mou­vement des sénégalais démocrates (Msd), ne mâche pas ses mots. Pour ces organisations, la Constitution est un «socle» qui ne saurait être modifié par une «majorité politique conjoncturelle». «La Constitution appartient exclusivement au Peuple sénégalais. Toute tentative de modification par un passage en force parlementaire constituerait une remise en cause grave de l’esprit républicain», martèle le communiqué conjoint.

L’ombre des Assises de la justice

Si la plateforme reconnaît l’importance des recommandations issues des récentes Assises de la justice, elle estime que l’ampleur des réformes envisagées -qualifiées de «profondes et structurantes»- rend la consultation directe des citoyens indispensable. Pour les signataires, contourner le Peuple reviendrait à une «confiscation de la souveraineté populaire».

Un appel à la mobilisation générale

Sous le slogan «Touche pas à notre Constitution», la plateforme «Référendum Rek» lance un appel solennel à une union sacrée. Le mouvement invite : les forces politiques de l’opposition, la Société civile et les syndicats ; les universitaires et les chefs religieux. L’objectif est clair : faire bloc pour empêcher ce qu’ils qualifient de «coup de force institutionnel».

Quel avenir pour la réforme ?

En choisissant éventuellement la voie parlementaire, le Président Bassirou Diomaye Faye mise sur l’efficacité législative. Mais avec la naissance de cette coalition, le gouvernement va affronter une résistance qui se veut nationale et transpartisane. «La démocratie ne se négocie pas», préviennent les membres de la plateforme, plaçant le respect de la souveraineté au cœur du débat politique de ce début d’année 2026.