Dans la lutte contre la criminalité financière, le faux-monnayage est sous les projecteurs à Kolda. Le Tribunal a frappé fort contre les réseaux de contrefaçon monétaire, un fléau qui menace l’économie locale. L’affaire des 5 milliards en billets noirs : dès le 8 janvier 2025, le Tgi a condamné cinq individus à deux ans de prison ferme, assortis d’une amende colossale de 25 millions de F Cfa. Ces derniers avaient été interceptés par la Subdivision des douanes de Kolda en possession d’un stock de billets noirs d’une valeur estimée à plus de 5 milliards de F Cfa.
Le coup de filet de Médina Chérif : le 2 juillet 2025, les éléments du Commissariat central de Kolda ont démantelé une autre bande au quartier Médina Chérif. Trois individus, surpris avec 20 millions en faux billets, ont été placés sous mandat de dépôt pour association de malfaiteurs et falsification de signes monétaires.
Fraude à la Fonction publique : l’enseignant imposteur
Un cas d’escroquerie aux deniers publics a particulièrement indigné l’opinion. Bounda Baldé, un enseignant qui exerçait depuis cinq ans, a été démasqué. L’homme utilisait la carte nationale d’identité de son cousin pour percevoir indûment des salaires de l’Etat. Pour cette usurpation d’identité et cette fraude prolongée, le Tribunal l’a condamné à un an de prison ferme.
Drames sociaux : la rigueur de la réclusion criminelle
La justice a également eu à traiter des dossiers de mœurs tragiques. Une femme, arrêtée à Saré Coly Salé par la brigade de gendarmerie de Vélingara, a été reconnue coupable d’infanticide. Pour avoir mis fin aux jours de son nouveau-né, elle a été condamnée à cinq ans de réclusion criminelle, une peine qui souligne la volonté de la justice de protéger le droit à la vie.
Médina Gounass : l’heure de l’apaisement après la tempête
Le dossier le plus sensible de l’année reste celui des affrontements intercommunautaires survenus les 17 et 18 juin 2025 dans la cité religieuse de Médina Gounass. Ces violences, qui avaient fait un mort et 80 blessés (dont cinq par balle), avaient conduit à l’arrestation de 180 personnes.
Après sept mois de détention à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Kolda, un premier signal de décrispation a été envoyé : le mardi 4 février, 13 détenus ont recouvré une liberté surveillée. Et une libération a été assortie du port de bracelet électronique, une mesure visant à garantir l’ordre public tout en favorisant le retour au calme dans la cité religieuse.
Par Aladji BADJILANG – eh.coly@lequotidien.sn
