Plus de 140 leaders politiques et de la Société civile, incluant des figures majeures de l’opposition et de l’ancien régime, ont signé une déclaration conjointe pour dénoncer les manœuvres du parti au pouvoir, Pastef, visant à réintégrer Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale.

Le Sénégal traverse une nouvelle période de fortes turbulences institutionnelles. Dans une déclaration conjointe publiée ce 24 mai, un vaste collectif baptisé «Les Forces vives du Sénégal» s’est levé pour faire barrage à ce qu’il qualifie de «coup d’Etat législatif» orchestré par le parti au pouvoir, Pastef.

Au cœur de la discorde : la tentative de réintégrer de force Ousmane Sonko au sein de l’Assemblée nationale. Selon les signataires, cette démarche constitue une «forfaiture» et franchit «la ligne rouge de l’arbitraire», dans la mesure où aucune disposition de la Constitution ou du Règlement intérieur de l’Assemblée ne l’autorise. L’opposition dénonce des réformes invoquées de manière rétroactive, ainsi qu’une tentative d’octroyer d’urgence une immunité parlementaire au Premier ministre.

Un bloc d’opposition impressionnant

La contestation a réussi le tour de force de réunir un spectre politique extrêmement large. Parmi les 143 signataires de cette déclaration, on retrouve les plus grands noms de la scène politique sénégalaise, notamment Amadou Ba (Nouvelle Responsabilité), ancien Premier ministre et candidat à la dernière élection présidentielle ; Khalifa Ababacar Sall (Taxawu Senegaal), ancien maire de Dakar ; Idrissa Seck (Rewmi), ancien Premier ministre et figure politique historique ; Barthélemy Dias (Senegal bi ñu bokk), maire déchu de Dakar ; Aïssata Tall Sall (Osez l’avenir) et Aly Ngouille Ndiaye (Psd Njariñ), tous deux anciens ministres régaliens ; Aminata Mbengue Ndiaye (Parti socialiste) ; Thierno Alassane Sall (Rdv) et Pape Djibril Fall (Les Ser­viteurs), députés et figures de l’opposition; Cheikh Tidiane Gadio, Tally Sylla. Ou des leaders de la coalition de l’ancien régime (Apr) représentés par des personnalités comme Abdou­laye Diouf Sarr ou Aliou Sall.

Un appel à la mobilisation citoyenne

Face à cette situation tendue, le collectif accuse le pouvoir en place de vouloir installer un climat de «chaos et d’incertitude au cœur de la République». Affirmant qu’ils ne ménageront aucun effort pour empêcher la «profanation programmée» des institutions, les premiers signataires lancent un appel solennel à l’ensemble des Sénégalais afin qu’ils prennent leurs responsabilités pour sauvegarder la République.