Après le Ter et le Brt, le Sénégal lance sa flotte de taxis électriques avec un premier lot de 100 véhicules. Objectif : moderniser le secteur et réduire l’empreinte carbone.
Par Justin GOMIS – Le Sénégal poursuit sa transition vers une mobilité durable. Après le Ter et le Brt, le pays franchit une nouvelle étape avec le lancement d’un programme de taxis électriques. La cérémonie de réception de la phase-pilote, portant sur 100 véhicules, s’est tenue hier au Cices en présence des acteurs du secteur et des partenaires financiers.
Ce lot initial n’est que le premier jalon d’une ambition plus vaste. «730 véhicules sont déjà produits et en cours d’acheminement : 100 sont sur place, 100 dans un navire, 392 en attente d’embarquement et le reste en fabrication. Nous comptons atteindre 700 unités avant le 31 décembre 2026, puis 1000 d’ici six mois», a précisé Bara Sow, l’administrateur du Fonds de développement des transports terrestres (Fdtt). A terme, le partenariat avec la Banque pour le commerce et l’industrie (Bci) vise un objectif de 10 000 véhicules. Pour accompagner ce changement, le Fdtt travaille à l’élaboration d’un cadre réglementaire adapté et prévoie l’installation de huit bornes de recharge rapide dans des zones stratégiques de Dakar, afin de garantir l’autonomie des chauffeurs.
Un enjeu environnemental, économique et social
Alors que la capitale compte environ 40 000 taxis souvent très polluants, l’impact de ce projet s’annonce majeur. Selon l’administrateur du Fdtt, les externalités négatives du transport -principalement la pollution et son coût sanitaire- représentent chaque année une perte équivalente à 6% du Pib national. Le passage à l’électrique permettra ainsi de réduire la pression sur les dépenses publiques et ménagères. Au-delà de la dimension écologique, le projet entend valoriser le métier de chauffeur. Grâce à la bancarisation des recettes, les conducteurs bénéficieront d’une meilleure crédibilité financière, leur ouvrant l’accès au crédit. Ils profiteront également de cotisations sociales et de prestations médicales.
Enfin, en partenariat avec l’Onfp, des modules de formation obligatoire porteront sur la conduite certifiée, la sécurité du véhicule et la gestion de la relation client. Comme l’a souligné Papa Samba Dièye, Directeur général de la Bci : «Offrir des véhicules sans accompagner le changement de comportement ne servirait à rien.» Cette flotte modernisée constituera un premier test grandeur nature lors des Jeux Olympiques de la Jeunesse (Joj).
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