Comment faire pour instaurer un dialogue social permanent ? C’est le prétexte utilisé par le patronat pour réunir autour d’une table gouvernement et travailleurs pour jeter les bases d’une paix sociale durable à quelques jours d’une grève générale de 72 h décrétée par les centrales syndicales les 21, 22 et 23 octobre. Chaque partie a donné sa recette.

Par Malick GAYE- A l’occasion du symposium social consacré à l’investissement privé, à la gouvernance d’entreprise, à la liberté syndicale et à la paix sociale, les principaux acteurs du monde du travail ont croisé leurs visions. Les débats ont dessiné la feuille de route d’un dialogue social renouvelé. Pour les représentants des travailleurs, aucun dialogue sincère ne peut s’installer sans la reconnaissance effective des droits fondamentaux. Mody Guiro, Secrétaire général de la Cnts, a rappelé avec insistance : «La liberté syndicale et le droit de la négociation collective, la justice sociale sont des peines humaines. Respecter le travail, c’est respecter l’homme. Respecter les travailleurs, c’est respecter… Et respecter l’engagement de son équipe, c’est l’élément central d’un climat social dans nos entreprises.»

Cette première condition impose la protection des représentants des salariés et l’assurance de pouvoir s’exprimer sans crainte d’arbitraire ou de discrimination, condition préalable pour instaurer un climat de confiance réciproque dans l’entreprise, a-t-il expliqué.

Allier performance économique et justice sociale

Du côté du secteur privé, le Conseil national du patronat (Cnp) pose la stabilité et la concertation comme des moteurs d’entraînement pour l’économie. Le patronat met en avant la nécessité d’articuler l’efficacité opérationnelle et la protection des équipes : «afin de promouvoir la création d’emplois, le ministre du Travail est disposé à collaborer étroitement avec les organisations d’employeurs et à favoriser une économie forte», a précisé Meissa Fall, vice-président du Cnp. Selon cette approche, la paix sociale n’est pas un frein à la compétitivité, mais un facteur d’attractivité pour l’investissement privé et la création d’emplois stables.

La directrice du Bureau international du travail (Bit) insiste, pour sa part, sur le cadre normatif et le rôle régulateur de l’Administration publique. Samira Daoud rappelle que le respect des règles du jeu protège l’ensemble des acteurs : «L’Inspection du travail est donc un élément de cette charte, un élément de la charte de la justice sociale qui est un moteur de la création de la valeur.»

L’institution internationale préconise le renforcement des mécanismes de contrôle et la valorisation des conventions collectives pour prévenir les litiges et garantir un travail décent pour tous.

mgaye@lequotidien.sn