Pour tirer le meilleur de ces trois secteurs clés, les Etats généraux de la culture, de l’artisanat et du tourisme ont été lancés hier. L’objectif est de réformer ces domaines pour accroître leur contribution au Pib et stimuler la création d’emplois. Le ministre de tutelle a souligné que, malgré leur fort potentiel social, l’impact économique de ces secteurs reste encore en deçà des attentes.

Par Amadou MBODJI – Les Etats généraux de la culture, de l’artisanat et du tourisme se tiendront dans le courant du mois de mai 2026. La cérémonie officielle de lancement de ces assises a eu lieu hier à l’hôtel Noom, sous l’égide de Amadou Bâ, Ministre de la culture, de l’artisanat et du tourisme (Mcat). Durant deux mois, les parties prenantes seront invitées à établir un diagnostic sans complaisance afin d’identifier les obstacles qui freinent l’essor de ces trois piliers de l’économie nationale.

Soixante jours pour réinventer le modèle. «D’ici 60 jours, ces acteurs seront en conclave pour poser objectivement les défis, définir les limites et concevoir les outils du renouveau. Le gouvernement s’engage à rendre ces mesures opérationnelles immédiatement», a déclaré le ministre Amadou Bâ. Soucieux de l’inclusivité de la démarche, le ministre a insisté sur le fait que personne n’a été laissé de côté : «Nous pensons, avec le secrétaire d’Etat, que la mobilisation de toutes les énergies permettra de générer un impact durable sur plusieurs générations. Nous sommes très confiants.»

Des secteurs stratégiques à l’ère des hydrocarbures

Selon le ministre, le Sénégal se trouve à un tournant de son développement économique. Si l’exploitation des hydrocarbures et les réformes structurelles occupent le devant de la scène, il est crucial de ne pas négliger la culture, l’artisanat et le tourisme. Le tourisme, par exemple, représente déjà 7, 1% du Pib et génère plus de 100 000 emplois directs. Toutefois, les ambitions sont plus hautes : atteindre 10% du Pib et attirer 3 millions de visiteurs. Quant à l’artisanat, il demeure le premier pourvoyeur d’emplois du pays, contribuant à hauteur de 41, 6% au Pib et occupant 48, 8% de la population active.

Malgré ces chiffres encourageants, le Mcat reconnaît que les défis sont de taille : financement insuffisant, accès limité au crédit bancaire et manque de structuration des filières. A travers ces assises, le ministre attend des solutions concrètes pour démontrer que ces secteurs ne sont pas des charges budgétaires, mais bien des investissements à fort rendement. Les attentes sont claires : un nouveau cadre légal pour la culture, une fiscalité adaptée pour le financement du cinéma et des arts, des chambres de métiers rénovées et la conquête de nouvelles zones touristiques. Le gouvernement s’est engagé à traduire rapidement les recommandations de ces assises en actions concrètes sur le terrain.

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