Le 27 juin, le village de Darou Hijiratou va clôturer 10 jours de dévotion et d’actions de bienfaisance dans le cadre de la 4ème édition d’Achoura, commémorant l’assassinat d’une bonne partie des descendants du Prophète de l’islam. Pour accueillir dans de bonnes conditions les centaines de milliers de pèlerins dans le village natal du guide religieux de l’islam chiite, Mawlana Chérif Mohamed Aly Aïdara, le Préfet a convoqué les chefs des services techniques déconcentrés de l’Etat pour s’impliquer aux côtés du comité d’organisation.

Par Abdoulaye KAMARA – La communauté de l’islam chiite Mozdahir va commémorer, du 17 au 27 juin, le martyre de l’imam Al Hussein et l’extermination d’une bonne partie de la famille du Prophète Mohamed (Psl). C’est Achoura ou Tamkharite. Pendant 10 jours, le village natal du guide Mawlana Chérif Mohamed Aly Aïdara va accueillir des centaines de milliers de pèlerins venant de toutes les régions du Sénégal et des pays de la sous-région, et même d’Europe et d’Asie. L’importance du nombre de jours et de pèlerins attendus a dicté la convocation d’un Comité départemental de développement (Cdd) tenu mardi passé à Vélingara, chef-lieu de département.

Le représentant à cette rencontre du vénéré Mawlana Chérif Mohamed Aly Aïdara a remercié l’autorité administrative et ses services de bien vouloir s’impliquer pour la réussite de l’événement. Alioune Badara Badiane a dressé une liste de besoins ayant trait à l’accès à l’eau, à l’électricité et aux soins de santé pour tous et pendant toute la durée de l’événement. Et puis, la sécurisation des lieux, la facilitation de la circulation des personnes et de leurs bagages, de même que le contrôle sanitaire des produits marchands et de la viande ont été évoqués par le chef du village de Darou Hijiratou et des membres du comité d’organisation de l’événement. Des interpellations qui ont reçu une oreille attentive auprès des chefs de services déconcentrés de l’Etat sous la supervision du Préfet du département.

L’autorité administrative, Cheikh Ahmadou Ndoye, à l’issue de la rencontre, a fait le point sur les engagements de l’Etat. Il a dit : «D’abord, au niveau sécuritaire, la gendarmerie s’est engagée à assurer une couverture sécuritaire adéquate en mettant à contribution les Agents de sécurité de proximité (Asp). Les sapeurs-pompiers se sont aussi engagés à mettre en place un dispositif de secours. Sur le plan sanitaire, le médecin-chef du district, Dr Omar Sané, s’est engagé à mettre en place un poste de santé avancé en positionnant une ambulance. Des consultations médicales gratuites seront organisées et, là aussi, les relations sont établies pour renforcer le comté d’organisation en médicaments, et la Croix-Rouge met également ses éléments à disposition. Le problème crucial qui a été posé est lié à l’approvisionnement en eau. Puisque le forage du village a un débit très faible, il va falloir que l’approvisionnement soit renforcé. Nous avons prévu de mobiliser un maximum de citernes à travers les divisions régionales de l’Hydraulique de Tamba­counda et de Kolda, et avec des privés. Le Service d’hygiène va procéder à des opérations de désinfection et de désinsectisation avec un appui en produits de la commune de Bonconto, qui en a pris l’engagement. Le contrôle de l’abattage des animaux et des marchandises a aussi été évoqué et confié aux services compétents.»

Pourquoi Darou Hijratou

Dans une lettre adressée au Cdd, le guide religieux de la communauté chiite Mozdahir, Mawlana Mohamed Chérif Aly Aïdara, a tenu à justifier le choix de son village natal pour la commémoration de ce jour de deuil qu’est Achoura. Dans le document lu par Alioune Badara Badiane, Mawlana a écrit : «Tout au long des dernières années, dans plusieurs pays africains mais aussi dans d’autres contrées à travers le monde, les membres de notre communauté commémoraient le deuil d’Achoura au sein de plusieurs centres ou Houssainiya. Les disciples, éparpillés, manifestaient, de plus en plus, le besoin de se retrouver au sein d’un même lieu pour partager leur tristesse avec ceux qui partagent les mêmes convictions.» Darou Hijratou est ce lieu idéal, de par sa position géographique qui en fait un carrefour entre le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, la Guinée Conakry et le Mali, où vivent de nombreux disciples du guide de l’islam chiite. Et puis, c’est le village natal du vénéré Chérif Mohamed Aly Aïdara, où repose son défunt père Alhassan Aïdara, descendant de l’imam Hassan al Mujtaba dont le travail au service de l’islam est connu dans la sous-région, peut-on lire dans le document.

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