Baptisée Neobacillus camarae en hommage au professeur Makhtar Camara, une nouvelle espèce bactérienne a été identifiée dans le microbiote du lait maternel au Sénégal. Fruit d’une collaboration franco-sénégalaise, cette avancée majeure de l’Ucad ouvre la voie à de nouvelles solutions thérapeutiques contre un fléau de santé publique.

C’est une avancée scientifique majeure qui porte la signature de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar. L’institution universitaire a annoncé, sur ses plateformes numériques, la découverte d’une nouvelle espèce bactérienne dénommée Neobacillus camarae. Identifiée à partir du microbiote du lait maternel au Sénégal, cette bactérie suscite déjà d’immenses espoirs : elle pourrait ouvrir de nouvelles perspectives cruciales dans la prévention et la prise en charge de la malnutrition infantile.

Cette découverte, qui a fait l’objet d’une description détaillée dans une revue scientifique internationale de référence, honore également le corps professoral national. La nouvelle espèce porte en effet le nom du professeur Makhtar Camara, enseignant-chercheur à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie (Fmpo) de l’Ucad. Un choix fort de l’institution, visant à saluer « son apport exceptionnel à la recherche en microbiologie ».

Une synergie internationale contre un fléau national

Sur le plan scientifique, ces travaux ne sont pas le fait du hasard. Ils découlent d’une collaboration étroite et fructueuse entre les équipes de l’Ucad et celles de l’Ihu Méditerranée Infection de l’Université Aix-Marseille, en France. Cette alliance de compétences s’est matérialisée dans le cadre de recherches pointues sur les probiotiques, ces micro-organismes vivants dont l’intégration est ici spécifiquement pensée pour lutter contre la malnutrition des enfants au Sénégal.

L’université de Dakar insiste sur la portée concrète de cette trouvaille. Face à la malnutrition infantile, qui demeure un enjeu de santé publique prioritaire et un défi de développement pour le pays, les travaux sur Neobacillus camarae ouvrent des pistes prometteuses pour formuler de nouvelles solutions de prise en charge nutritionnelle et préventive.

Au-delà de l’aspect purement médical, cette réussite technologique et scientifique vient rappeler la vitalité de l’enseignement supérieur sénégalais. Pour l’UCAD, cette découverte illustre parfaitement l’engagement et la contribution de ses équipes de recherche à la production de connaissances de pointe, directement connectées aux réalités et aux défis sanitaires du Sénégal.