Après une décennie d’existence, le Programme national de bourses de sécurité familiale (Pnbsf) entame une phase cruciale de recertification. Matar Sène, Délégué général à la protection sociale et à la solidarité nationale (Dgpsn), a réaffirmé hier l’impact vital de ce dispositif, tout en soulignant l’urgence de l’actualiser pour garantir une justice sociale accrue.

Par Amadou MBODJI – Un bilan historique au service de l’inclusion. Lancé en 2013, le Programme national de bourses de sécurité familiale (Pnbsf) s’est imposé comme le pilier central de la lutte contre l’extrême pauvreté au Sénégal. Lors d’un atelier organisé à l’hôtel Le Ndiambour, Matar Sène a dressé un bilan éloquent : à ce jour, le programme accompagne 355 013 bénéficiaires dont 290 080 ménages vivant dans une précarité sévère. Au-delà des chiffres globaux, c’est l’aspect humain et ciblé qui fait la force du projet. Le Délégué général a rappelé que le programme incarne une solidarité agissante en intégrant : 64 mille 873 personnes vivant avec un handicap, 60 familles d’enfants en situation de rue, une cible symbolique de la volonté d’éradiquer la vulnérabilité infantile.

La recertification : un impératif de transparence et d’équité

Après dix ans de mise en œuvre, la «recertification» devient une étape obligatoire. Pour la Dgpsn, il ne s’agit pas d’une simple formalité administrative, mais d’un mécanisme de mise à jour nécessaire pour que l’aide publique reste dynamique. L’objectif est double : vérifier que les bénéficiaires actuels répondent toujours aux critères d’éligibilité et, surtout, libérer des places pour les nouveaux foyers en détresse. Cette démarche s’appuie désormais sur un Registre national unique (Rnu) dont l’extension à un million de ménages vient d’être finalisée. «C’est un acquis majeur qui nous offre une base plus large et actualisée pour mieux orienter l’action publique», a précisé Matar Sène.

Efficacité, équité, confiance

Le patron de la Dgpsn a articulé cette nouvelle feuille de route autour de trois piliers fondamentaux : l’efficacité en optimisant l’impact des transferts monétaires sur le capital humain (santé, éducation) ; l’équité pour garantir que chaque franc dépensé atteigne les ménages les plus démunis sans favoritisme ; et la confiance pour renforcer le pacte entre l’Etat et les citoyens par une gestion transparente et des données fiables. En intégrant les nouvelles données du Rnu, le Sénégal s’apprête à passer à une échelle supérieure dans sa politique de protection sociale, avec l’ambition de ne laisser aucun citoyen au bord du chemin.

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