C’est une séance plénière cruciale consacrée aux questions d’actualité poussant le Premier ministre Ousmane Sonko a mobilisé ses partisans via les réseaux sociaux. Entre promesse de transparence et tensions parlementaires persistantes, ce rendez-vous du mardi 24 février 2026 s’annonce comme un tournant politique majeur pour l’Exécutif, sur fond de grogne sociale et d’instabilité académique.

Par B. SAKHO – Après deux ans de Primature, le Premier ministre va faire son bilan. Par un message percutant publié sur sa page Face­book, le leader de Pastef a transformé une simple convocation parlementaire en un événement national. En invitant les citoyens à suivre les débats dès 10h, Ousmane Sonko réaffirme sa méthode : le lien direct avec la base. Pour le chef du gouvernement, il s’agit de livrer un «moment de vérité» fidèle aux principes de rupture prônés par son parti, plaçant l’Assemblée nationale sous le regard vigilant de l’opinion publique.

Le climat de cette séance est lourd des cicatrices des rendez-vous manqués précédents. Le passage du Premier ministre devant les députés a souvent été marqué par un bras de fer : le boycott du 14 avril et du 28 novembre derniers. A l’époque, Ousmane Sonko avait fait face à un banc vide du côté de l’opposition. Le groupe Takku-Wallu et la majorité des non-inscrits avaient déserté l’Hémicycle, dénonçant une démarche jugée non conforme. Ce mouvement, initié par les députés sans appartenance, a été suivi par le bloc majoritaire de l’opposition, paralysant le débat démocratique direct. Cette fois-ci, les députés de l’opposition seront présents à l’Hémicycle pour écouter le Pm faire son bilan, après deux ans comme Premier ministre.

L’économie et l’université : Les dossiers brûlants

Au-delà de la joute politique, deux dossiers majeurs attendent le Premier ministre au tournant de cette «vérité» promise : le secteur de l’enseignement supérieur traverse une zone de turbulences sévère. Entre les retards de paiement des bourses, les infrastructures saturées et les grèves répétées des syndicats d’enseignants (Saes) et des personnels administratifs, l’Université sénégalaise est au bord de l’asphyxie. Ousmane Sonko, qui a fait de la jeunesse son principal socle électoral, devra proposer des solutions structurelles pour éviter une année blanche et apaiser la colère des étudiants.

Le gouvernement est attendu sur les résultats concrets de sa politique de réduction du coût de la vie et de la relance de l’économie. Malgré les mesures annoncées, l’inflation et la pression sur le panier de la ménagère restent des préoccupations majeures. Les députés comptent l’interpeller sur la mobilisation des ressources nationales et la renégociation des contrats, thèmes de prédilection de Pastef, mais dont les retombées se font attendre pour le Sénégalais moyen.

Aujourd’hui, l’enjeu dépasse les simples «questions d’actualité». Pour Ousmane Sonko, il s’agit de briser le cycle du boycott et de prouver que son gouvernement garde le cap malgré les vents contraires. «Demain est une date importante… pour un moment d’échanges et de vérité», soutient le Premier ministre.

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