Le Carima (Centre d’accompagnement pour la réinsertion des migrants africains), installé dans les locaux du Conseil départemental de Vélingara, en collaboration avec Enda Tiers-Monde, a déjà une feuille de route pour des stratégies de prise en charge des questions migratoires, en termes de protection des migrants et des alternatives à la migration irrégulière. Un atelier de restitution d’une étude sur les dynamiques migratoires et les alternatives à la migration irrégulière, tenu à Vélingara la semaine passée, a proposé des activités de terrain pour la promotion de solutions durables contre le phénomène.

Par Abdoulaye KAMARA – Le Carima (Centre d’accompagnement pour la réinsertion des migrants africains) de Vélingara peut déjà se préparer à dérouler des activités de terrain pour la protection et la réinsertion sociale et économique des migrants en transit, des migrants de retour et de potentiels migrants. Cette structure logée au Conseil départemental de Vélingara par Enda Tiers Monde dans le cadre de son projet Pathways to protection (P2P), a été dotée d’une feuille de route à l’issue d’un atelier, tenu la semaine passée, et axé sur la «restitution et co-construction des résultats de l’étude sur les dynamiques migratoires et les alternatives à la migration irrégulière». Des leaders communautaires, des services techniques de l’Etat, la Société civile et des migrants de retour ont fait l’état des lieux de la question migratoire à Vélingara, identifier les raisons qui poussent les jeunes à tenter l’aventure de l’ailleurs, les conséquences aux niveaux individuel et familial, les dessous psychosociaux des candidats à la migration irrégulière, de même que l’état psychologique des migrants de retour. Et puis, ces acteurs locaux ont proposé des activités de terrain pour l’accompagnement des migrants. L’objectif de l’atelier, selon Mme Hilda Laynia Ontsia, représentante d’Enda Tiers-Monde à cette rencontre, est de : «Co-construire avec les acteurs locaux des solutions d’intervention pertinentes et durables pour les Carimas et les communautés à partir des résultats ressortis.»

En termes de solutions, le psychologue, Dr Moussa Kâ, a enseigné les participants à l’atelier que «la question du soutien psychosocial est extrêmement importante au niveau de la personne qui part et qui revient, et qui, selon les circonstances du voyage, est dans un trauma profond. Elle a besoin, le plus souvent, d’un soutien qui lui permet de se stabiliser avant tout autre soutien, économique ou autre». Il y a aussi le fait que, selon toujours Dr Kâ, «quand ces migrants reviennent au niveau des familles ou de la communauté, il y a un problème de réintégration sociale. Une intervention doit se faire au niveau des familles à travers un soutien psychosocial ou thérapie familiale».

Les autres solutions et alternatives retenues par l’atelier sont du genre : «Informer les migrants de retour ou les candidats à la migration des risques existants sur les chemins migratoires et des potentialités du terroir en termes d’employabilité et de financements, et les orienter vers des structures de financement comme la Der/fj, le 3Fpt, l’Onfp, l’Oim, le Baos, la Croix-Rouge, etc.»

Une collaboration du Carima avec les organismes et services de prise de charge des questions des migrations est recommandée, ainsi que d’appuyer les migrants de retour pour la recherche de documents administratifs souvent perdus sur les routes.

A rappeler que c’est le 17 octobre passé qu’Enda Tiers-Monde, à travers son entité Enda Diapol (Prospectives, dialogues politiques), a signé une convention de partenariat avec le Conseil départemental de Vélingara pour loger le Carima et l’appuyer dans la mise en relation avec des services techniques et institutions pouvant aider à soutenir les migrants. Le projet Pathways to protection (P2P) d’Enda a obtenu le soutien financier du Conseil danois des réfugiés pour une durée de 3 ans (2025-2028).

akamara@lequotidien.sn