A la suite de la rétrocession gratuite de l’infrastructure Canal Olympia Teranga par le groupe Bolloré à l’Etat du Sénégal, le ministre de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, Amadou Bâ, a lancé un appel solennel au Président Bassirou Diomaye Faye. Lors d’une visite de terrain effectuée ce mercredi, le ministre a plaidé pour la transformation du site en un véritable Centre national du cinéma. Son objectif : préserver la vocation culturelle de cet espace stratégique pour en faire le fer de lance de l’industrie cinématographique sénégalaise et africaine.
Par Amadou MBODJI – A la suite de la rétrocession de l’infrastructure Canal Olympia Teranga à l’Etat du Sénégal par le groupe Bolloré, le ministre de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, Amadou Bâ, a effectué une visite des lieux hier. Entre les murs de cette salle emblématique, il a lancé un vibrant appel au Président Bassirou Diomaye Faye et au gouvernement pour que ce site devienne le futur Centre national du cinéma, garantissant ainsi un sanctuaire dédié au 7ème art sénégalais et africain. Canal Olympia serait un continuum culturel stratégique. Situé à quelques encablures du Grand théâtre national et du Musée des civilisations noires, le site de Canal Olympia Teranga représente, pour le ministre Amadou Bâ, une pièce maîtresse de la carte culturelle de Dakar.
Accompagné du secrétaire d’Etat et accueilli par le Directeur général de la Sogepa, le ministre a exprimé sa volonté de ne pas voir ce lieu «dévoyé» de sa mission originelle. «Nous saluons l’état d’esprit du directeur de la Sogepa, qui a compris qu’il ne fallait pas travestir la vocation culturelle de ce site», a déclaré Amadou Bâ. Pour lui, l’enjeu est de taille : transformer cet espace en une infrastructure cinématographique de référence pour pallier le manque criant de salles dans la capitale.
Le «chaînon manquant» de l’industrie
Malgré le rayonnement international des réalisateurs sénégalais, le constat reste amer : Dakar ne compte que trop peu de structures dédiées. Le ministre a souligné l’urgence de bâtir une véritable industrie capable de générer des emplois et de contribuer au Pib du pays. «Il ne peut y avoir d’industrie cinématographique sans infrastructure dédiée. Ce site pourrait servir à créer ce Centre national du cinéma, qui est aujourd’hui le chaînon manquant de notre culture», a-t-il martelé. Ce projet s’inscrit dans une vision de cohérence urbaine et culturelle, formant un triangle d’excellence avec les institutions voisines.
La rétrocession, effectuée sans versement d’indemnités par l’Etat, place désormais le site sous la gestion de la Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’Etat (Sogepa). Elimane Pouye, Directeur général de la Sogepa, a confirmé cette volonté de préservation : «Il était nécessaire de faire visiter le site aux autorités chargées de la culture. Nos échanges ont porté sur une destination du site qui préserve principalement sa vocation d’outil de promotion du cinéma sénégalais.»
Le ministre prévoit désormais de soumettre un document de référence au chef de l’Etat pour acter la rétrocession du site au ministère de la Culture, selon un format de gestion qui reste à définir avec la Sogepa.
Dans l’attente des Etats généraux de la culture
Cette initiative intervient alors que le secteur s’apprête à vivre ses Etats généraux. Amadou Bâ a rappelé qu’un récent atelier avait déjà réuni l’ensemble de l’écosystème -universitaires, réalisateurs et producteurs- pour réfléchir sur l’avenir du secteur. Pour le ministre, le devenir de Canal Olympia doit être l’épicentre de ces transformations.
Inaugurée en grande pompe le 11 mai 2017 par l’ancien Président Macky Sall, la salle Canal Olympia Teranga entame aujourd »hui un nouveau chapitre de son histoire, passant d’une gestion privée multinationale à un pavillon de souveraineté culturelle nationale.
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