«Même si la commune de Tivaouane compte plus de 80 quartiers, un seul relève à la fois du domaine affectif et spirituel : le centre de gravité de Cheikh Seydi El-Hadji Malick Sy (RTA), dit Cogne Djaka», rappelle Serigne Abdoul Aziz Diop, petit-fils de Mame Maodo et membre de la société civile religieuse. Face aux comportements déviants à proscrire dans cet espace sacré abritant mosquées et mausolées, il préconise l’adoption d’une charte d’aménagement et de gestion du domaine de la Hadara. Installé à Tivaouane en 1902, El Hadji Malick Sy a inscrit son action dans une cité érigée en commune dès 1904. Aujourd’hui, la ville connaît un essor démographique rapide et une forte expansion spatiale (passant de 3400 à 7200 hectares). La modernisation des infrastructures -la Grande mosquée, l’aménagement de la mosquée Serigne Babacar Sy et l’esplanade- impose de repenser la préservation de ce cœur cultuel.Pour structurer ce périmètre, un programme d’équipement est défini : pa­vage intégral, éclairage densifié, reboisement, dé­ploie­ment de la fibre optique, nouveau plan de circulation et signalétique adap­tée. Sous l’autorité du Kha­life général, le domaine sera régi par des règles de gestion strictes (articles 1 à 6 de la Charte).

La Charte : vers un «secteur sauvegardé»

Reposant sur 16 articles, cette démarche participative réunit tous les acteurs : le Khalife, le Préfet, la Commune, les résidents, Ajana et le Coskas. Conforme au Code de l’urbanisme, la Charte vise à terme l’érection du domaine en «secteur sauvegardé» (Article 15) pour préserver durablement la sainteté du site.

Par Cheikh CAMARA