Déjà meilleur lauréat en 2025, Ameth Babou conserve son titre en 2026, confirmant un parcours remarquable. L’élève de TS1 a réalisé une performance exceptionnelle en remportant quatre premiers prix : en français, en citoyenneté et droits de l’Homme, en dissertation philosophique et en physique.
Vous êtes le meilleur élève du Concours général 2026 avec 68 points et quatre premiers prix. Quel est, selon vous, le véritable secret de cette réussite exceptionnelle ?
La persévérance, le travail à long terme et le fait de se fixer des objectifs très tôt ont été déterminants dans cette réussite. En effet, ayant rêvé de ce sacre depuis le primaire, cette ambition a toujours été le principal carburant de mes efforts, surtout lors des périodes difficiles et de doute ; elle a permis cette obstination nécessaire pour réaliser de grandes choses. Cette ténacité provient aussi en grande partie de mon immersion dans le monde des olympiades de mathématiques, car elles apprennent à être innovant et entêté face aux blocages et aux problèmes difficiles. En outre, ma passion pour la littérature et la philosophie depuis assez longtemps m’a permis d’accumuler sur plusieurs années un bagage intellectuel et une culture littéraire qui se sont avérés très utiles au Concours général. Enfin, j’ai aussi été motivé par une volonté de rendre un vibrant hommage à ma défunte sœur aînée, Khady Lèye Babou, qui était une brillante élève de S1 au Lsnt, qui rêvait de se présenter au Cg en alliant l’espagnol et les sciences, mais qui est partie avant d’avoir pu briller.
Le Prytanée militaire est réputé pour l’excellence et la rigueur. En quoi cette formation a-t-elle contribué à façonner votre parcours et votre manière d’apprendre ?
Au Prytanée, la culture de l’excellence stimule une saine émulation nous permettant de repousser nos limites. De plus, le prestige et la renommée que notre école a acquis au fil des années -grâce notamment aux exploits légendaires d’Aet comme Mohamed Mbougar Sarr, aussi bien au niveau des réalisations nationales que sur la scène internationale- nous obligent à toujours essayer d’être dignes de nos anciens dans les examens, les concours et les manifestations sportives, partout où le Prytanée militaire apparaît, et à nous efforcer de savoir plus pour mieux servir.
A l’heure où l’école sénégalaise mise davantage sur les sciences, le numérique, l’Intelligence artificielle et les langues nationales, quelles compétences pensez-vous que les élèves doivent développer pour réussir demain ?
Les principales compétences que les élèves doivent acquérir sont la réflexion critique, l’innovation, la créativité scientifique et littéraire, ainsi que l’esprit de recherche. Et cela passe nécessairement, dans le cadre de la valorisation des sciences et technologies, par la promotion d’activités telles que les olympiades, et surtout les olympiades de mathématiques. En affrontant ces problèmes difficiles, cela stimule l’amour des maths et des sciences, primordiales pour le développement de la Nation, et inculque des valeurs telles que la persévérance, l’inventivité et l’humilité, essentielles dans tous les domaines de la vie. En outre, elles donnent à notre pays une visibilité internationale permettant de valoriser ses ressources humaines en sciences et de mesurer nos valeurs sûres à l’aune de celles des autres nations.
Selon vous, quel est aujourd’hui le plus grand défi de l’école sénégalaise et quelle évolution souhaiteriez-vous voir pour permettre à davantage de jeunes d’atteindre l’excellence ?
Hormis l’inclusion globale, pour laquelle des efforts remarquables sont fournis, le plus grand défi de l’éducation sénégalaise réside dans la démystification des mathématiques, qui sont très redoutées dans notre pays, la promotion des sciences et technologies, et de la recherche scientifique en investissant sérieusement dans la recherche, mais aussi et surtout en poussant les jeunes à être à l’aise avec les maths et les sciences. Il faut les amener à saisir les enjeux qu’elles recèlent, notamment en faisant du Sénégal un pays à forte culture mathématique et scientifique, essentiellement grâce aux olympiades de maths, comme l’ont fait la Chine, les Etats-Unis ou plus récemment nos frères ivoiriens dont les résultats aux Opam et Imo s’améliorent remarquablement d’année en année.
Si vous pouviez adresser un message aux milliers de jeunes Sénégalais qui rêvent de figurer un jour au palmarès du Concours général, que leur diriez-vous ?
Je leur dirais d’abord de persévérer, de ne rien lâcher et de donner le meilleur d’eux-mêmes en trouvant une méthode de travail spécifique à chaque individu. Ensuite, j’insisterais sur la grande importance de l’adoption de modèles dont ils peuvent s’inspirer pour atteindre leurs objectifs, comme ce fut le cas pour moi il y a 7 ans. En outre, je conseille à tout un chacun de se trouver une motivation et une ambition, et surtout de cultiver la discipline, qui permet de continuer même quand la motivation fait un peu défaut. Enfin, à tous les jeunes qui veulent empreindre de leur marque le livre d’or de l’excellence sénégalaise, soyez courageux et n’éprouvez surtout aucune peur de l’échec ou de l’adversité car, comme l’a dit Colin Powell : «L’excellence n’est pas une exception, c’est une attitude dominante.»
Après cette consécration, quels sont vos rêves pour l’avenir et comment souhaitez-vous mettre votre excellence au service du Sénégal ?
Je rêve d’intégrer les grandes universités américaines comme le Mit ou les universités de l’Ivy League, avant de revenir au pays pour contribuer à son développement technoscientifique, surtout en stimulant chez les prochaines générations l’amour des sciences et des mathématiques, notamment à travers les olympiades. Elles me tiennent réellement à cœur car elles sont la joute internationale des mathématiciens venant de tous les horizons, permettant ainsi la détection précoce des futurs architectes du développement de la Nation et une mesure fiable de l’efficacité de notre système éducatif concernant les sciences. Mais concernant mon avenir post-Bac, vu les complications et les lourdeurs qui planent sur ce rêve, je dois encore discuter de la voie concrète que je vais suivre avec ma famille et ma hiérarchie scolaire.
Un mot de la fin ou des remerciements à adresser ?
Je tiens à remercier les partenaires de l’école pour le soutien qu’ils nous ont témoigné tout au long de mon cursus. De plus, je voudrais aussi exprimer ma gratitude envers notre actuel commandant d’école, ainsi que ses prédécesseurs entre les mains desquels je suis passé, notre directeur des études, l’encadrement militaire, les corps militaires et paramilitaires, le personnel civil et le corps professoral. Je souhaite en outre expressément exprimer mon infinie reconnaissance aux anciens et jeunes du Pms qui m’ont toujours soutenu, mais aussi et surtout à mes camarades de la promo 19 qui n’ont jamais cessé de croire en moi. Enfin, je sais gré à l’Etat du Sénégal, à travers l’Etat-major des Armées, d’être en charge du Prytanée militaire, cette institution centenaire et résiliente qui, durant un siècle, a été l’incarnation de la précellence académique sénégalaise et qui m’a inculqué des vertus aussi essentielles que l’excellence, la solidarité et l’entretien des liens sociaux à l’ancien enfant de troupe que je ne cesserai jamais d’être.
bseck@lequotidien.sn

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