A l’occasion de ses journées portes ouvertes axées sur l’histoire de la musique africaine, le chœur Afrikiyo a réaffirmé sa mission essentielle : transmettre un héritage culturel séculaire à la jeunesse pour faire vivre la tradition chorale face aux défis du monde moderne.

Par Justin GOMIS – «La musique africaine, des origines à nos jours.» C’est le thème choisi par le chœur Afrikiyo pour orchestrer, ce week-end, ses journées portes ouvertes. L’ambition affichée est claire : passer le témoin aux jeunes générations. «Depuis 17 ans, nous pensions à la transmission, et ce moment était devenu nécessaire. C’est un chœur intergénérationnel», a déclaré Lucien Mendy, Secrétaire général de la Confédération africaine de musique chorale et président d’Afrikiyo Sénégal.

Selon cet acteur culturel et organisateur de festivals, le besoin de passer le flambeau est aujourd’hui plus que pressant. «Avec des choristes qui avancent en âge, nous ressentons le besoin de redynamiser cette dimension intergénérationnelle. Nous sommes investis du devoir de transmettre tout l’héritage du patrimoine à une génération beaucoup plus jeune. Comme cela se fait traditionnellement au sein de la société sénégalaise et africaine, les anciens ont la responsabilité de léguer aux générations actuelles et futures le patrimoine dont ils ont bénéficié tout au long de leur vie», a-t-il poursuivi.

Un voyage musical de Dakar à Libreville

Pour joindre l’acte à la parole, le chœur Afrikiyo a fait voyager l’assistance à travers des prestations de très haute facture. De Dakar au Gabon, en passant par le Cap-Vert, la formation a revisité des chants traditionnels : hymnes de réjouissance, chants d’accompagnement pour les voyageurs ou complaintes exprimant la douleur du deuil, le tout rythmé par des instruments traditionnels.

«On se rend compte que la musique africaine n’est pas abstraite. C’est une musique fonctionnelle qui répond à une dimension éthique et transforme le discours en émotion. De l’éthique à l’esthétique, comme l’a souligné un professeur, c’est une dimension qu’il va falloir pleinement prendre en compte désormais, surtout dans ce monde globalisé en proie à de multiples incertitudes», a souligné M. Mendy.

La musique comme vecteur de savoir-être

En marge des prestations, un panel animé par des sommités rompues à la tâche a permis de revenir sur les origines de la musique africaine et son itinéraire à travers le monde. Pour le Secrétaire général de la Confédération africaine de musique chorale, l’art musical est un vecteur de savoir, de savoir-faire et, plus encore, de savoir-être. «Nous avons pensé qu’il était important de nous poser et d’inviter à la réflexion. La musique nous accompagne dès les battements du cœur jusqu’au jour où l’on quitte la vie, en traversant toutes les étapes de l’existence : baptêmes, mariages, moments de communion, de deuil ou d’élan solidaire. Il était bon d’analyser cela avec des spécialistes d’envergure», a-t-il expliqué.

Le panel réunissait notamment le professeur Wane, spécialiste en littérature et en traditions orales, Alioune Badara Diop, journaliste culturel émérite et directeur de festival, Jean-Benoît Bakhoum, chef de chœur, guitariste, auteur-compositeur et enseignant-chercheur. Pour le groupe Afrikiyo, ces regards croisés permettent de prendre conscience de la responsabilité collective face à ce patrimoine. L’objectif ultime reste de s’appuyer sur des «valeurs intemporelles pour se ressourcer et se reconnecter à l’essence de la vie, en préservant le beau, le vrai et le bien», a conclu Lucien Mendy.

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