Pour son 6ème plan d’actions, l’alliance syndicale And Gueusseum prévoit une paralysie des services de santé durant quatre jours le mois prochain. Entre boycott des programmes et tournées nationales, l’organisation dénonce l’inertie du gouvernement face à ses revendications.
Le bras de fer entre le secteur de la santé et l’Etat prend une nouvelle tournure. Après avoir jugé positif le bilan de son précédent mouvement, l’alliance syndicale And Gueusseum vient de dévoiler un 6ème plan d’actions particulièrement radical pour le mois de février 2026. Ce sera un calendrier de contestation chargé : L’organisation justifie cette escalade par ce qu’elle qualifie de «manœuvres dilatoires» du gouvernement. Dans un communiqué officiel, And Gueusseum pointe du doigt l’absence de délivrance des actes administratifs promis, le «silence étatique», ainsi que l’exclusion des agents contractuels des Etablissements publics de santé (Eps) et des collectivités territoriales du bénéfice de l’indemnité de logement.
Le calendrier des hostilités est désormais fixé : du 28 janvier au 9 février, il est prévu une tournée nationale et la tenue d’assemblées générales régionales. Du 10 au 13 février, une grève totale de 96 heures est annoncée. Le syndicat précise que si les urgences seront respectées, le service minimum ne sera pas assuré. Dès le 28 février, ce sera le lancement d’un boycott prolongé des programmes de santé, des réunions de coordination et des supervisions, et ce, jusqu’au 28 mai 2026.
Un 5ème plan d’actions jugé réussi
En tirant le bilan de sa récente mobilisation (21-23 janvier), le Directoire national de l’alliance exprime sa satisfaction. Malgré la trêve observée par le Satsus, And Gueusseum estime que le mot d’ordre a été largement suivi avec des taux de participation oscillant entre 80 et 90% sur l’ensemble du territoire. L’organisation a également tenu à saluer l’union régionale de Thiès pour la réussite de la marche nationale du 14 janvier dernier.
Un message aux autorités
Tout en félicitant les Lions du Sénégal pour leur titre de champions d’Afrique, le syndicat n’a pas manqué de rappeler la réalité sociale du pays. And Gueusseum souligne que des millions de Sénégalais restent privés de soins de qualité, cumulant déjà un déficit de 268 heures de services de santé fonctionnels. Une évaluation du mouvement est d’ores et déjà prévue pour le 14 février prochain afin de décider de la suite à donner à la lutte.
Par Amadou MBODJI – ambodji@lequotidien.sn
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