Réunie à Saly pour un atelier de formation, l’Agence de développement municipal (Adm) franchit un cap décisif dans la gouvernance locale. En étendant le Pacasen à l’ensemble du territoire national, l’institution place la transparence, la redevabilité et la participation populaire au cœur du développement territorial.

Par Alioune BADARA CISS – L’Agence de développement municipal (Adm) franchit une étape décisive dans le renforcement de la gouvernance locale. A l’occasion d’un atelier de formation de deux jours ouvert à Saly, l’institution a réuni l’ensemble des acteurs territoriaux pour placer l’implication cito­yenne au centre de l’action publique localisée. Inscrite dans le cadre du Programme d’appui aux communes et aux agglomérations (Pacasen), cette initiative préfigure un basculement d’envergure nationale : étendre la dynamique participative de sept à quatorze régions, couvrant désormais l’intégralité du territoire sénégalais.

L’objectif majeur consiste à doter les collectivités locales d’outils opérationnels pour moderniser la gestion des investissements publics, accroître la viabilité financière des communes et ancrer durablement les principes de redevabilité et de transparence dans la gestion des affaires de la cité. «Nos territoires ne peuvent se développer durablement sans la voix et la participation active de leurs citoyens. Le Pacasen est né d’une ambition forte : donner aux collectivités territoriales les moyens de bâtir un avenir solide, trans­parent et inclusif. Les résultats obtenus, la confiance des acteurs et des bénéficiaires, ainsi que le soutien renouvelé du gouvernement témoignent de la pertinence de cette dé­marche», a soutenu Paul Diatta Diagne, chargé de projet financier à l’Adm et représentant de la direction.

Au cœur des travaux de Saly, figure la révision complète de l’ingénierie de la mobilisation sociale. D’une part, il s’agit de mettre à jour la première génération de Plans d’action pour l’engagement citoyen (Paec), élaborés en 2023 pour les régions pionnières (Dakar, Thiès, Matam, Saint-Louis, Diourbel, Ziguinchor et Tambacounda). Ces feuilles de route intègrent désormais les enseignements des récentes études diagnostiques, tout en incorporant les nouveaux enjeux liés à la résilience climatique. D’autre part, l’Adm engage le déploiement de nouveaux Paec, sur une période de douze mois, pour les sept régions restantes (Kolda, Sédhiou, Fatick, Kaolack, Kaffrine, Kédougou et Louga). Cette harmonisation permettra de créer un socle méthodologique commun visant à renforcer les capacités des acteurs de terrain et à faciliter la duplication de ces compétences à l’échelle locale.

Si l’implication des populations répond aux dispositions du Code général des collectivités territoriales et aux orientations politiques nationales, son application concrète reste confrontée à des défis structurels de taille : un déficit récurrent de communication et d’accès à l’information, conjugué au manque de moyens humains, techniques et financiers au sein des collectivités, l’obligation d’optimiser les ressources existantes tout en adaptant pragmatiquement les outils de concertation aux réalités socio-économiques locales. «C’est une exigence de l’heure au regard du Code général des collectivités territoriales, mais surtout au regard des ambitions des autorités nationales de faire du développement local une affaire de citoyens. Sans engagement citoyen, on ne peut espérer enclencher des processus transformationnels pour améliorer les conditions de vie de nos populations», a martelé Ousmane Sow, directeur de l’Agence régionale de développement (Ard) de Saint-Louis et coordonnateur des directeurs d’Ard.

Selon M. Sow, cette dynamique doit dépasser le simple cadre de la consultation passive. La participation citoyenne doit désormais permettre aux habitants d’identifier eux-mêmes les problématiques prioritaires, de co-construire des solutions adaptées et d’assurer le suivi-évaluation de l’action publique locale. L’atelier de Saly sert ainsi de cadre bilanciel : capitaliser sur les premières réussites, corriger les dysfonctionnements observés et pérenniser une véritable culture de la responsabilité partagée au sein des collectivités du pays.

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