Pour une meilleure performance de la Commande publique, Awa Ndoye, spécialiste en administration et finances, et précédemment Secrétaire générale de la Cour des comptes de l’Uemoa, plaide pour «l’externalisation de la passation des marchés publics». Mme Ndoye présentait, jeudi, son ouvrage intitulé «Externalisation des marchés publics : un levier d’impact et de performance pour l’action publique au Sénégal».

Par Dialigué FAYE – «Surcharge administrative, manque de compétences spécialisées, risques accrus de non-qualité, lenteurs dans l’attribution des marchés, fragmentation des initiatives de réforme.» Telles sont, entre autres, les limites structurelles du système actuel de passation des marchés publics identifiées par Awa Ndoye, spécialiste en administration et finances, à travers son ouvrage intitulé «Externalisa-tion des marchés publics : un levier d’impact et de performance pour l’action publique au Sénégal».

Face à ces défis, l’auteure préconise «l’externalisation de la passation des marchés publics». L’idée, précise-t-elle, n’est pas «de contourner les procédures, encore moins de les affaiblir. Il s’agit plutôt de réfléchir à la manière de mieux organiser la gestion des procédures de passation des marchés, de la professionnaliser et de la rendre davantage orientée vers les résultats. L’externalisation peut réduire considérablement les délais ; mobiliser des experts certifiés ; professionnaliser l’achat public ; renforcer la transparence et la traçabilité ; améliorer l’exécution des projets et la qualité des acquisitions ; sécuriser les bailleurs et attirer davantage de financements».

Toutefois, souligne l’auteure, «cette externalisation doit être encadrée, certifiée, contrôlée et appliquée dans des cas précis, non comme un transfert de responsabilité mais comme un levier d’efficacité». Elle assure aussi que «l’externalisation n’affaiblit pas l’Etat. Elle renforce sa capacité à délivrer, à faire mieux, plus vite et avec plus d’impact. Elle place le Sénégal devant une opportunité historique pour moderniser son système de passation des marchés et contribuer à la transformation publique voulue dans l’agenda «Sénégal 2050»».

Malgré ses limites, Mme Ndoye relève d’importants progrès dans le processus de passation des marchés au Sénégal. Elle salue, par exemple, «la transparence accrue, la professionnalisation des commissions, l’intégration de la Rse, l’alignement des sociétés publiques sur les mêmes obligations que l’administration classique, la digitalisation croissante du système. Mais des fragilités persistent, notamment des non-conformités, l’insuffisante planification, la faible efficacité opérationnelle».

Dans l’espace Uemoa, mentionne l’auteure, «les directives communautaires de 2005 ont modernisé les systèmes de passation dans les 8 Etats membres. Malgré les avancées institutionnelles, les performances opérationnelles restent faibles : procédures longues, capacités limitées, indicateurs non renseignés, planification insuffisante. L’efficacité globale du système stagne malgré les efforts de professionnalisation et de digitalisation».

D’où l’importance de l’externalisation, d’après Awa Ndoye, pour «maximiser l’impact des politiques au sein de l’Union».

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