Soucieuse de l’intérêt général, la Société civile sénégalaise appelle le gouvernement et la majorité parlementaire à sortir du blocage actuel du processus de vote de la Loi de finances rectificative (Lfr) 2026. Le texte a été renvoyé en commission ce mardi, sur demande du ministre de l’Economie.
Par Dialigué FAYE – Les organisations de la Société civile sénégalaise donnent leur position par rapport à la crise entre l’Exécutif et le Groupe parlementaire Pastef. A travers une déclaration, elles invitent le gouvernement et cette majorité parlementaire à sortir du blocage actuel du processus de vote de la Lfr 2026. En effet, mentionnent-elles, «le pays a besoin d’un budget qui restaure la crédibilité des finances publiques, protège le pouvoir d’achat des ménages et renforce la transparence, sans sacrifier l’avenir.
Le Sénégal n’a pas besoin d’un bras de fer entre l’Exécutif et l’Assemblée qui retarde les décisions, fragilise la confiance et exacerbe l’austérité et les souffrances des Sénégalais».
La Société civile appelle ainsi «à un dialogue des institutions fondé sur les documents budgétaires officiels et des chiffres vérifiés, avec les éclairages d’experts indépendants et d’organisations citoyennes. Car l’intérêt des Sénégalais exige un compromis qui garantisse la continuité de l’Etat, la justice sociale et la redevabilité».
Elle soutient cependant «l’exigence d’un encadrement clair et effectif des fonds spéciaux. Les enjeux autour de ces crédits concernant l’argent des contribuables sénégalais exigent un cadre légal permettant un contrôle parlementaire réel, dans le respect de l’équilibre des pouvoirs.
Cette réforme doit être adoptée de manière consensuelle, dans le respect de la Constitution».
Face au choc énergétique, estiment les Osc, «l’Etat doit éviter des hausses brutales qui frappent d’abord les ménages modestes, le transport et les produits alimentaires». C’est pourquoi plaident-elles pour que «les subventions soient progressivement mieux ciblées en faveur des ménages pauvres, du transport commun, des secteurs sociaux essentiels, plutôt que de rester largement généralisées». A cet effet, elles demandent que «tout ajustement s’accompagne d’un renforcement vérifiable des filets sociaux, notamment les bourses de sécurité familiale. Les coupes dans l’éducation, la formation professionnelle et la solidarité doivent être évitées ou compensées».
Elles soulignent également que «la situation de la dette et l’accord avec le Fmi sont désormais un choix gouvernemental qui nécessite un encadrement et une veille parlementaire et citoyenne pour éviter que l’effort de restructuration de la dette ne soit supporté uniquement par les ménages. La consolidation ne peut se faire uniquement par des réductions d’investissement sans transparence sur les critères de choix. Les projets à fort impact social et économique (agriculture, électrification, santé, éducation) doivent être préservés autant que possible. Les recettes doivent être sincères et la dépense priorisée de manière claire».
Les organisations citoyennes restent vigilantes sur l’exécution du budget, la qualité de la dépense et la protection des ménages. Elles invitent «les acteurs politiques à placer l’intérêt général au-dessus des calculs politiques partisans». Et d’encourager «un rapprochement des positions du gouvernement et de la majorité parlementaire à travers l’adoption des amendements nécessaires pour éviter le rejet de la Lfr 2026 et de la Lfi 2027, et le recours à des procédures exceptionnelles pouvant entamer l’exécution sincère et transparente du budget au seul profit des citoyens sénégalais». Pour rappel, le Plfr a été renvoyé en commission ce mardi, sur demande du ministre de l’Economie.
dialigue@lequtidien.sn
Commentaires (0)
Soyez le premier à réagir.
Se connecter pour commenter